Étoile Rouge — Suisse: “Le marxisme et l’émancipation queer”

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !
Il n’y a qu’un seul but – la conquête du pouvoir !

LE MARXISME ET L‘ÉMANCIPATION QUEER

Étoile Rouge — Suisse
28.12.2020

Étoile RougeReproduit par
Le Drapeau Rouge

LE MARXISME ET L‘ÉMANCIPATION QUEER
2ÈME ÉDITION

Quels sont nos ennemis, quels sont nos amis? C’est là une question d’une importance primordiale pour la révolution. Si, dans le passé, toutes les révolutions en Chine n’ont obtenu que peu de résultats, la raison essentielle en est qu’elles n’ont point réussi à unir autour d’elles leurs vrais amis pour porter des coups à leurs vrais ennemis. Le parti révolutionnaire est le guide des masses, et jamais révolution n’a pu éviter l’échec quand ce parti a orienté les masses sur une voie fausse. Pour être sûrs de ne pas les conduire sur la voie fausse et de remporter la victoire dans la révolution, nous devons absolument veiller à nous unir avec nos vrais amis pour porter des coups à nos vrais ennemis. Et pour distinguer nos vrais amis de nos vrais ennemis, nous devons entreprendre une analyse générale des conditions économiques des diverses classes de la société chinoise et de leur attitude respective envers la révolution. (Souligné par nous.)

Président Mao Tsé-toung
„Analyse de classe de la société chinoise“
Mars 1926

1. INTRODUCTION

Ce document est la prise de position de l’Étoile Rouge – Suisse (ERS) sur la question queer, une contribution à l’identification, la reprise et le développement de la Ligne de Masse du Parti Communiste de Suisse (PCS) dans le cadre de sa Ligne Politique Générale et de la Base d’Unité du Parti; cela fait partie de la lutte pour la reconstitution du PCS en tant que Parti Communiste militarisé Marxiste-Léniniste-Maoïste-pensée Gonzalo, principalement pensée Gonzalo capable d’initier et de diriger la Guerre Populaire en Suisse pour la conquête du Pouvoir, en tant que partie et en service à la Révolution Prolétarienne Mondiale.

La question queer est une question basique de la Ligne de Masse, étant donné que les queers sont une tranchée de combat des masses, un front de masse. C’est une question qui a été laissée sans réponse du Marxisme, mais cela ne fait qu’appuyer la nécessité d’appliquer de manière créative l’idéologie du prolétariat pour résoudre de nouveaux problèmes.

Fondamentalement, la question queer est la question des origines et du développement de l’oppression patriarcale des queers; la double oppression des queers dans la société capitaliste; le mouvement queer actuel; et l’établissement de la Ligne de Masse du Parti Communiste, qui doit être constitué et reconstitué pour la Guerre Populaire, en fonction des conditions spécifique de chaque pays et de la révolution.

En avançant notre position sur la question queer, nous soutenons, défendons et appliquons, principalement appliquons, l’unique et toute puissante idéologie du prolétariat international: le Marxisme-Léninisme-Maoïsme-pensée Gonzalo, principalement Pensée Gonzalo, qui doit être appliquée créativement pour régler les nouveaux problèmes présentés par la Révolution Prolétarienne Mondiale en général et la Révolution Suisse en particulier, afin de développer une Pensée Guide et contribuer à l’inévitable quatrième, nouvelle et supérieure étape du Marxisme.

Nous nous réaffirmons dans la méthode matérialiste-dialectique d’analyse et de synthèse telle qu’établie par notre fondateur, Karl Marx:

Certes, le procédé d‘exposition doit se distinguer formellement du procédé d‘investigation. A l‘investigation de faire la matière sienne dans tous ses détails, d‘en analyser les diverses formes de développement, et de découvrir leur lien intime. Une fois cette tâche accomplie, mais seulement alors, le mouvement réel peut être exposé dans son ensemble. Si l‘on y réussit, de sorte que la vie de la matière se réfléchisse dans sa reproduction idéale, ce mirage peut faire croire à une construction a priori.“ (Souligné par nous).1

Nous nous réaffirmons à la recherche de la vérité depuis les faits“, mettant de côté le moralisme bourgeois et le préjudice dogmatique-subjectiviste durant l’analyse de problèmes, tel qu’établi par le camarade Friedrich Engels:

Comment expliquer cela ? Étant donné le rôle décisif que la parenté joue dans le régime social chez tous les peuples sauvages et barbares, il n’est pas possible d’éliminer à l’aide de quelques phrases l’importance de ce système si largement répandu. Un système qui règne partout en Amérique, qui existe également en Asie chez des peuples d’une race toute différente, et dont on rencontre à foison, par toute l’Afrique et l’Australie, des formes plus ou moins modifiées, un tel système demande qu’on l’explique historiquement, et non point qu’on s’en débarrasse par des mots, comme Mac Lennan, par exemple, a tenté de le faire. (Souligné par nous).2

Nous nous réaffirmons dans le fait que le subjectivisme dogmatique est un danger pour les communistes, car ne pas répondre aux nouvelles questions mène à sombrer dans le révisionnisme, tel qu’établi par le grand V. I. Lénine:

La question de l’attitude de l’État envers la révolution sociale et de la révolution sociale envers l’État a très peu préoccupé les théoriciens et les publicistes les plus en vue de la IIe Internationale (1889-1914), comme du reste le problème de la révolution en général. Mais le plus caractéristique dans le développement graduel de l’opportunisme, qui a abouti à la faillite de la IIe Internationale en 1914, c’est que, même quand ce problème se posait de front, on s’appliquait à le tourner ou on l’ignorait totalement.

D’une façon générale, on peut dire que la tendance à éluder la question de l’attitude de la révolution prolétarienne envers l’État, tendance avantageuse pour l’opportunisme qu’elle alimentait, a conduit à la déformation du marxisme et à son total avilissement. (Souligné par nous).3

Nous nous réaffirmons dans le combat contre à la fois l’opportunisme de droite et de „gauche“ en tant que déviations de l’unique ligne prolétarienne, car ils sont jumeaux, en prenant en compte celui qui est le principal danger dans chaque moment spécifique, ainsi que nous l’a appris le Camarade J. V. Staline:

Il ne devrait pas être oublié que les droitiers et les ultra-gauchistessont en fait tous deux jumeaux, qu’en conséquence les deux prennent une position opportuniste, la différence entre eux étant que là où les droitiers ne cachent pas toujours leur opportunisme, les gauchistes dissimulent invariablement leur opportunisme avec des phrases ,révolutionnaires’. Nous ne pouvons pas permettre que notre politique soit dictée par ce que les amateurs de scandales et les philistins peuvent dire à propos de nous. Nous devons poursuivre notre chemin avec fermeté et confiance, sans tenir compte des histoires que les esprits oisifs peuvent inventer à notre sujet. Les russes ont un dicton très juste: ,Les chiens aboient, la caravane passe’. Nous devrions garder ce dicton à l’esprit, il pourrait nous être utile plus d’une fois.(Souligné par nous).4

Nous nous réaffirmons dans la condamnation du subjectivisme dans ses deux formes, le dogmatisme et l’empirisme, qui font grand mal au Mouvement Communiste International (MCI) quand à la question queer, en permettant la contrebande d’idéologies bourgeoises telles que le post-modernisme et la métaphysique sexuel dans le mouvement prolétarien, en nous basant sur ce que le Président Mao Tsé-toung a établi:

Le dogmatisme et le révisionnisme vont tous deux à l’encontre du marxisme. Le marxisme doit nécessairement avancer, se développer au fur et à mesure que la pratique se développe, et il ne saurait rester sur place. S’il demeurait stagnant et stéréotypé, il n’aurait plus de vie. Toutefois, on ne doit pas en enfreindre les principes fondamentaux ; ce serait tomber dans l’erreur. Considérer le marxisme d’un point de vue métaphysique et comme quelque chose de figé, c’est du dogmatisme. Nier les principes fondamentaux du marxisme et nier sa vérité universelle, c’est du révisionnisme. Le révisionnisme est une forme de l’idéologie bourgeoise. Les révisionnistes effacent la différence entre le socialisme et le capitalisme, entre la dictature du prolétariat et celle de la bourgeoisie. Ce qu’ils préconisent est en fait non pas la ligne socialiste, mais la ligne capitaliste. Dans les circonstances présentes, le révisionnisme est encore plus nuisible que le dogmatisme. Une tâche importante nous incombe sur le front idéologique, celle de développer la critique contre le révisionnisme. (Souligné par nous).5

Finalement, nous insistons sur l’application créative, tel qu’établie dans la synthèse du Maoïsme par le Président Gonzalo, plus grand Communiste vivant sur la surface de la Terre, rejetant toute „défense de l’idéologie, de la classe et du peuple“ qui ne sertà rien d’autre qu’au développement d’attitudes, d’idées, d’opinions,de positions, de critères et de lignes dogmato-révisionistes au sein du MCI:

Comme INTRODUCTION, afin de mieux comprendre le maoïsme et la nécessité de lutter pour lui, rappelons nous de Lénine. Il nous enseignait que, à mesure que la révolution avançait à l’Est, elle exprimait des conditions spécifiques qui, si elles ne niaient pas les principes et les lois, représentaient de nouvelles situations que le marxisme ne pouvait ignorer sous peine d’exposer la révolution à l’échec. Et que, malgré les protestations que les intellectuels, et spécialement ceux qui étaient bourrés de libéralisme et faussement marxistes, pédants et livresques, pourraient élever contre le nouveau, la seule chose juste et correcte est d’appliquer le marxisme à la réalité concrète et de résoudre les situations nouvelles et les problèmes que toute révolution affronte et résout nécessairement. Cela provoque l’épouvante et de pharisiennes “défenses de l’idéologie, de la classe et du peuple” que proclament les révisionnistes, les opportunistes et les renégats ; ou les furibondes et aveugles attaques d’académiciens abrutis et de plumitifs de l’ancien ordre, avilis par la putride idéologie bourgeoise, tous disposés à défendre l’ancienne société dont ils sont les parasites. Plus encore, Lénine spécifia que la révolution en Orient réservait de nouvelles et de grandes surprises, à l’étonnement des adorateurs de ne suivre que les chemins battus, incapables de voir le nouveau. Et, comme nous le savons tous, ils recommanda aux camarades orientaux de résoudre les problèmes que le marxisme n’avait pas encore résolu. (Souligné par nous).6

Nous pensons que le principal danger au sein du MCI quant à la question queer est le subjectivisme dogmatique, et non le révisionnisme. Ces Partis et Organisations qui ont adopté des idées post-moderniste afin de répondre à la question queer appartiennent à la droite du MCI, non la gauche. Les Partis et Organisations de la gauche, par contre, prennent généralement une position dogmatiste et refusent de répondre créativement à la question, insistant plutôt sur des vieux préjugés qui ont circulé au sein du MCI pendant plus d’un siècle, mais qui n’ont jamais été justifiées sur la base du Marxisme. Nous urgeons ces camarades à rectifier leur approche subjectiviste et à être honnêtes et travailleurs dans leur étude de la question queer sur la base du Marxisme-Léninisme-Maoïsme-Pensée Gonzalo. Ces camarades devraient faire leur autocritique pour les erreurs faites dues à ces idées vieilles et incorrectes.

Ce n’est pas pour minimiser l’influence néfaste du post-modernisme, en particulier de la „théorie queer“, avec laquelle nous partageons malheureusement d’importants termes théoriques, dans le MCI. Certains Partis et Organisations sont en effet affligés par ces idées, étant donné qu’ils ont choisit de prendre les de la petite-bourgeoisie queer comme étant celle du prolétariat, au lieu d’essayer de répondre à la question sur la base du Marxisme. Comme le Président Mao nous l’enseigne, empirisme et le dogmatisme sont deux faces de la même pièce subjectiviste, et cela reflète la thèse de Staline sur le caractère jumelé des opportunismes de droite et de „gauche“; à la fois la métaphysique sexuelle et la „théorie queer“ postmoderne au sein du MCI nient en effet que le Marxisme soit capable de répondre à la question queer, ce qui nie en retour le caractère du Marxisme en tant que science toute-puissante.

Ainsi, ce document est notre tentative de poser les fondations de cette application créative. Il s’agit d’une contribution, car elle initie le processus de réponse à le question queer sur la base du Marxisme-Léninisme-Maoïsme-Pensée Gonzalo; néanmoins, elle est limitée, car cette question requiert encore une longue période de temps pour se développer par la pratique, la connaissance et plus de pratique, qui doivent être analysées et synthétisées afin de développer le Marxisme plus avant sur cet aspect.

2. ORIGINES ET DÉVELOPPEMENT DE L’OPPRESSION PATRIARCALE DES QUEERS

L’oppression patriarcale des queers trouve ses origines dans la famille patriarcale et l’oppression patriarcale des femmes, qui sont apparues ensemble avec la propriété privée et l’État. Ainsi, ses origines et son développement doivent être analysés en connexion intime avec ces problèmes fondamentaux. Ce qui est fondamental est d’étudier les thèses du Marxisme sur les origines et le développement de l’oppression patriarcale des femmes, étant donné que cela est fondamental pour saisir la question queer.

A. ORIGINES DU PATRIARCAT, DE LA SOCIÉTÉ DE CLASSE ET DE L’ÉTAT

Les fondateurs du Marxisme, Karl Marx et Friedrich Engels, ont prouvés que la patriarchie est apparue main dans la main avec la propriété privée et l’État, afin de permettre l’héritage masculin de la propriété et la reproduction du travail. L’oppression patriarcale des queers commence ainsi au même moment: l’établissement de la famille patriarcale.

La société primitive était une société sans exploitation ni oppression. Durant son stade inférieur, la sauvagerie, l’humanité ne s’était pas encore complètement séparée de la nature et n’était pas anatomiquement moderne. Le progrès sociétal était basé sur l’évolution, tandis que le travail jouait seulement un rôle secondaire. Les races humaines sauvages, tel que les Néandertal ou l’Homo Sapiens non-anatomiquement moderne, ont développé des tabous autour de la bisexualité et de l’inceste afin de mieux faire compétition avec les autres tribus et races, ce qui permettait respectivement l’adoption d’orphelins et l’élimination des maladies génétiques, et à la fin, seul Homo Sapiens subsista, ayant incorporé les autres dans ses tribus par la guerre. Il n’y a pas de preuves de queer-antagonisme dans la société sauvage, mais beaucoup de preuves qui suggèrent que la bisexualité était la principale forme d’attraction humaine. Tous les primates observés dans la nature ont des tendances bisexuelles, les singes bonobos étant pleinement bisexuels; les Néandertal étaient généralement enterrés avec des partenaires des deux sexes, l’hypothèse principale étant qu’ils étaient tous bisexuels; et malgré l’influence du patriarcat sur l’identité sexuelle des humains civilisés, les recherches du sexologue américain Alfred Kinsey, publiées en 1948 et 1953, respectivement, ont montré que:

[…] une personne n’est généralement pas totalement homosexuel ou totalement hétérosexuel, mais il s’agit plus d’un continuum sexuel, avec les personnes ayant tendance à ne pas se situer aux extrémités de l’échelle (totalement hétérosexuel ou totalement homosexuel) mais plus proche du milieu. En d’autres termes, si une note de 1 indiquait une hétérosexualité totale et une note de 5 une homosexualité totale, la plupart des personnes seraient dans la catégorie 2 ou 4. (Souligné par nous).7

Le travail est devenu décisif dans le développement de la société quand l’humanité entra dans le stade supérieur de la société primitive, le barbarisme. La découverte de la fabrication d’outils, du feu, de la chasse, de l’agriculture, de l’élevage et du travail du métal ont permis la création d’un produit de surplus à partir du travail humain, et la division du travail entre hommes et femmes grandit en une division de classes entre les esclavagistes et les esclaves, nourrie par la famille esclavagiste-patriarcale et maintenu par l’État esclavagiste. Ce développement a amené avec lui des tabous envers la „déviance“ des normes familiales, comme par exemple chez les Germains décrits par Tacite, qui pratiquaient des sacrifices rituels d’homosexuels, mais le développement était inégal. Parmis les tribus Celtiques qui habitaient une zone allant de l’Irlande à l’Anatolie, incluant la Suisse, l’homosexualité semblait être acceptée comme n’importe quelle autre forme d’amour. Aristote a remarqué: „la plupart des races guerrières, sauf le Celtes et quelques autres qui approuvent ouvertement les amours masculins“8.Et dans le Cycle d’Ulster, une œuvre détaillant la Mythologie des anciens irlandais, l’histoire de Ferdiad et Cú Chulainn est racontée, dans laquelle les deux guerriers combattent pendant 7 jours tout en soignant les blessures de l’autre la nuit. Quand Ferdiad mourut, Cú Chulainn s’exclama: „J‘ai aimé la noble façon dont tu rougissais, et j‘ai aimé ta forme fine et parfaite. J‘ai aimé tes yeux bleus et clairs, ta façon de parler, ton habileté…“. Dans la société celte primitive, il n’y avait pas d’oppression patriarcale de telles personnes, aucune catégorisation des „divergents“ en tant que „queer“. Les lesbiennes étaient acceptées et des mariages homosexuels étaient tenus. Toutefois, le développement indépendant des Helvètes en Suisse fut coupé court par la conquête romaine et l’imposition de la forme particulièrement romaine du patriarcat.

En discutant de la question de comment l’État a émergé en connexion avec le patriarcat et la propriété privée, Lénine dit:

Dans la société primitive, à l’époque où les hommes vivaient par petits clans, aux premiers degrés du développement, dans un état voisin de la sauvagerie, une époque dont l’humanité civilisée moderne est séparée par des milliers d’années, on n’observe pas d’indices d’existence de l’Etat. On y voit régner les coutumes, l’autorité, le respect, le pouvoir dont jouissaient les anciens du clan ; ce pouvoir était parfois dévolu aux femmes – la situation de la femme ne ressemblait pas alors à ce qu’elle est aujourd’hui, privée de droits, opprimée ; mais nulle part, une catégorie spéciale d’hommes ne se différencie pour gouverner les autres et mettre en œuvre d’une façon systématique, constante, à des fins de gouvernement, cet appareil de coercition, cet appareil de violence que sont à l’heure actuelle, vous le comprenez tous, les détachements armés, les prisons et autres moyens de contraindre la volonté d’autrui par la violence, qui constitue l’essence même de L’État. (Souligné par nous).9

Dans les sociétés primitives, il y avait un système très répandu d’institution du „tiers genre“. C’était des systèmes d’acceptation et de respect pour des personnes qui aujourd’hui seraient comprises en tant que queers: les homosexuels, les bisexuels, les personnes transgenres, les asexuels, les personnes intersexe, les personnes non-binaires, etc. Ces institution ont persisté au sein de la société de classe dans de nombreux cas et peinent aujourd’hui à maintenir leurs droits et privilèges traditionnels face à l’expansion du capitalisme bureaucratique dans le Tiers Monde. Les institutions du „tiers genre“ au sein des sociétés primitives étaient une aussi bien une expression de privilèges accordés aux queers, qu’une expression de la contradiction émergente entre queers et non-queers, faisant partie de l’émergence de la famille patriarcale. Avant l’apparition du patriarcat, il n’y avait pas de choses telle que des „personnes queers“, car une telle catégorie implique un système d’oppression patriarcale dans lequel les hommes sont des oppresseurs et les femmes sont opprimées, au sein duquel les „divergents“ peuvent être identifiés et opprimés complémentairement aux femmes.

Des cultures différentes avaient de différentes institutions du „tiers genre“, avec des degrés variables de rejet, d’acceptation ou même de privilège associé avec le fait d’être associé à une telle personne. Dans de nombreuses cultures, les rôles traditionnels associés avec les personnes queers ont persisté même sous le patriarcat, devenant de plus en plus restrictives avec le temps. Par exemple, des morceaux de poterie trouvés près de Thèbes datant d’entre 2000 et 1800 Av. Jc. listent trois genre humains différents, homme, femme et sekhet.

Les conquistadors espagnols du 18e siècle ont noté que parmis les Natifs Californiens, il y avait des „indiens qui, tant ici que plus loin dans les terres, sont observés dans la tenue, l’habillement et le caractère de femmes“, qui „passent pour des sodomites de profession“ et „sont tenus en haute estime“.10

Il y a de nombreux autres exemples détaillent l’existence de jusqu’à sept rôles de genre différents dans une tribu Américaine, qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui. D’autres exemples tels que les muxe au sein du peuple Zapotèque du Mexique, qui représentent 6% de la population dans certaines communautés, et qui sont des hommes biologiques qui vivent en étant quelque chose de similaire aux femmes. Le peuple Dineh aux États-Unis reconnaît quatre genres: homme masculin, homme féminin, femme masculine et femme féminine.

Ces derniers et autres institutions du „tiers genre“ traditionnelles sont présentes dans de nombreux pays du Tiers Monde, car l’oppression patriarcale du féodalisme ou du semi-féodalisme, même si plus brutale, est aussi moins systématique que celle du capitalisme. En Albanie, il y a les burrnesha, ou „vierges sous serment“; des femmes biologiques qui vivent complètement en tant qu’hommes au coût de jurer la chasteté. En Asie du Sud, il y a les hijra, des communautés semi-religieuses d’hommes biologiques qui vivent en tant que femmes ou quelque chose d’entièrement différent. En Thaïlande, les kathoeys occupent le rôle d’un tiers genre, mais peinent à être reconnues en tant que femmes dans leur prpore droit. Et parmi le peuple Ndongo d’Angola, qui avaient leur propre Royaume avant la conquête portuguaise, il y a les chibados, des hommes biologiques qui vivent en tant que femmes ou quelque chose de similaire, sont vus comme une caste in themselves, de puissants shamans et étaient employés par la Reine Nzinga de Ndongo à la fois en tant que généraux et concubines.

De telles institutions du tiers genre sont une relique de la période d’avant l’oppression patriarcale des personnes queer, persistant à l’ère moderne par l’existence continue du féodalisme ou même de modes de production pré-féodaux dans le Tiers Monde, car les normes patriarcales de modes de production pré-capitalistes sont moins systématisés. Mais nous ne devons pas comprendre les institutions de tiers genre comme étant quelque chose de progressiste; elles sont une partie légitime et respectée de la société au sein de laquelle elles existent, elles doivent être défendues contre la violence lumpen-pogromiste que le capitalisme bureaucratique génère au service de l’impérialisme, mais ne font pas partie de la solution prolétarienne à la question queer et doivent être vues en tant que partie de la base semi-féodale de la superstructure. Le prolétariat a sa propre solution, comme nous allons l’élaborer. Ce que les institutions du „tiers genre“ impliquent, plus que tout, est l’existence d’une contradiction dans la société barbare: queers ↔ non-queers, qui n’existait pas dans la société sauvage et est devenue antagonique avec l’apparition de la société civilisée.

Pour synthétiser, être queer était le mode de sexualité prédominant durant la sauvagerie, qui est alors devenu un mode secondaire durant le barbarisme, posant les fondations pour l’oppression patriarcale. La bisexualité est la forme naturelle de l’attraction humaine, que l’existence du patriarcat a changé; ainsi, tandis qu’il y a une fondation biologique pour la queerness, l’aspect sociétal est principal pour déterminer si oui ou non quelqu’un est queer.

Le moment de la transition de la société primitive à l’esclavage, qui était le moment au cours du quel furent établis la propriété privée, l’État et la famille patriarcale, était décrit ainsi par Engels:

Donc, au fur et à mesure que les richesses s’accroissaient, d’une part elles donnaient dans la famille une situation plus importante à l’homme qu’à la femme, et, d’autre part, elles engendraient la tendance à utiliser cette situation affermie pour renverser au profit des enfants l’ordre de succession traditionnel. Mais cela n’était pas possible, tant que restait en vigueur la filiation selon le droit maternel. C’est donc celle-ci qu’il fallait renverser tout d’abord, et elle fut renversée. Ce ne fut pas aussi difficile qu’il nous semblerait aujourd’hui. Car cette révolution – une des plus radicales qu’ait jamais connues l’humanité – n’eut pas besoin de toucher à un seul des membres vivants d’une gens. Tous les membres de la gens purent rester ce qu’ils étaient auparavant. Il suffisait de décider qu’à l’avenir les descendants des membres masculins resteraient dans la gens, et que les descendants des membres féminins en seraient exclus et passeraient dans la gens de leur père. Ainsi, la filiation en ligne féminine et le droit d’héritage maternel étaient abolis, la ligne de filiation masculine et le droit d’héritage paternel étaient instaurés. […] Le renversement du droit maternel fut la grande défaite historique du sexe féminin. Même à la maison, ce fut l’homme qui prit en main le gouvernail; la femme fut dégradée, asservie, elle devint esclave du plaisir de l’homme et simple instrument de reproduction. Cette condition avilie de la femme, telle qu’elle apparaît notamment chez les Grecs de l’époque héroïque, et plus encore de l’époque classique, on la farde graduellement, on la pare de faux semblants, on la revêt parfois de formes adoucies; mais elle n’est point du tout supprimée.

Le pouvoir exclusif des hommes une fois établi, son premier effet se fait sentir dans la forme intermédiaire de la famille patriarcale qui apparaît alors. (Souligné par nous).11

Il est difficile de comprendre comment une telle systématisation de l’oppression patriarcale des femmes nécessiterait aussi une systématisation de ceux qui divergent des normes patriarcales, tous deux vus comme hommes et femmes par la société? Les queers sont nés au même moment au cours duquel la grande défaite historique du sexe féminin a eu lieu, car il ne peut y avoir un oppresseur forcé et un opprimé dans la famille sans un système pour punir ceux qui refusent de participer.

B. L’ESCLAVAGISME ET L’OPPRESSION PATRIARCALE DES QUEERS

Avec l’établissement de l’esclavage, l’État esclavagiste et la famille esclavagiste-patriarcale, il était devenu nécessaire de systématiser les coutumes sexuelles de la société primitive et les codifier en tant que loi et religion. Si une culture était queer-antagoniste avant l’établissement de la société esclavagiste, elle continuait à l’être; si une culture acceptait les queers, elle devait au minimum réduire cette acceptation afin que la famille esclavagiste-patriarcale puisse toujours fonctionner

Nous insistons: ceux qui divergent qualitativement, c’est à dire ceux qui ne peuvent pas faire partie de la famille patriarcale dans la société au sein de laquelle ils vivent. Ceux qui divergent quantitativement peuvent subir ridicule et harcèlement, mais ne sont pas sujets à un système entier d’oppression patriarcale. Ainsi, il y a une divergence clé entre queers et non-queers qui divergent de certaines normes et lois.

Durant l’étape inférieure de l’esclavage, l’État ne couvrait seulement qu’une ou quelques villes. Les esclaves étaient possédés en commun par les citoyens ou étaient la propriété privée d’une famille. Les femmes étaient assujetties à leurs maris et leurs et leurs pères au sein de la famille. La Grèce Antique est un exemple typique de cet état de la société esclavagiste. En Grèce Antique, l’oppression patriarcale des queers commença en complément à l’exploitation et l’oppression des femmes. Un homme pouvait être homosexuel si il accomplissait son devoir de mari en devenant père, et être le partenaire receveur pendant le sexe était mal, car cela le dégradait au niveau d’une femme. Seul un esclave ou un enfant pouvait être le partenaire receveur. Il s’agit de l’exécrable système de la pédérastie, la seule forme acceptée d’homosexualité. Néanmoins, ce n’était pas la loi, et des relations à vie pouvaient se développer à partir de relations pédérastes.D’un autre côté, le lesbianisme était permis et dans certains cas célébré, mais seulement parmi des femmes qui avaient de la propriété (comme la poète Sappho) ou ne pouvaient pas se marier (comme les prêtresses).

La conquête romaine de la Suisse a amenée avec elle l’esclavage comme mode de production, l’État (prenant d’abord la forme gouvernementale d’une république esclavagiste puis d’un empire esclavagiste) et le patriarcat. Lénine caractérise le mode de production de l’esclavage en relation avec son État, qui s’applique à Rome:

[…] l’Etat esclavagiste, appareil qui donnait aux propriétaires d’esclaves le pouvoir, la possibilité de gouverner tous les esclaves. La société et l’Etat étaient alors beaucoup moins étendus qu’aujourd’hui ; ils disposaient d’un moyen de liaison infiniment plus rudimentaire : les moyens de communication actuels n’existaient pas. Les montagnes, les rivières et les mers étaient de bien plus grands obstacles qu’à présent, et l’Etat se constituait dans des frontières géographiques beaucoup plus restreintes. L’appareil d’Etat, techniquement très imparfait, desservait un Etat aux frontières relativement étroites et à la sphère d’action limitée. Mais c’était quand même un appareil qui maintenait les esclaves assujettis, qui tenait une partie de la société sous la contrainte et l’oppression exercée par l’autre. On ne saurait obliger la majeure partie de la société à travailler régulièrement pour l’autre sans un appareil coercitif permanent. Tant qu’il n’y avait pas de classes, il n’existait pas. Quand les classes sont apparues, à mesure que cette division s’accentuait et s’affirmait, toujours et partout on voyait apparaître une institution spéciale : l’Etat. (Souligné par nous).12

A partir de la caractérisation de l’État en tant qu’un Etat aux frontières relativement étroites et à la sphère d’action limitée, nous pouvons aussi comprendre le caractère du patriarcat comme état quelque chose de moins systématisé, avec des frontières relativement étroites et à la sphère d’action limitée, restant néanmoins nécessaire pour maintenir l’esclavagisme en tant que mode de production. Le patriarcat avait deux fonctions: 1) La reproduction des esclaves. 2) Le transfert de la propriété par l’héritage. Telle était la base économique du patriarcat dans l’Empire Romain. Cela nécessita l’implémentation de certaines normes de genre, un ensemble de relations sociales comme le dit le Président Gonzalo13, définissant ce qu’étaient un homme et une femme dans la société Romaine. Cela a aussi établi la condition d’être queer.

La condition des personnes queers à Rome était celle de restrictions de plus en plus grandes imposées en tant que normes culturelles et lois politiques – pour faire court, celle de l’oppression. Là où l’homosexualité avait été inconditionnellement acceptée sous le règne des Celtes, elle est devenue conditionnelle sous l’emprise romaine et devait servir à la préservation de l’esclavage. Une femme ne pouvait être homosexuelle, car cela nie son rôle en tant que mère. La poète lesbienne Sappho, qui avait été révérée en Grèce, fut ridiculisée comme étant „lubrique“, „masculine“ et une „courtisane“, et le lesbianisme fut condamné par Ovide: „un désir connu de personne, bizarre, nouveau […] parmi tous les animaux, aucune femelle n‘est saisie par le désir de la femelle.“14. Un homme pouvait être homosexuel, mais il perdrait tous droits et respect si il était pénétré; ainsi, la forme acceptable de l’homosexualité était celle d’un possédant d’esclaves pénétrant un jeune garçon ou un esclave (c’est à dire: le viol), toute autre chose serait considérée comme étant queer et les personnes le perpétrant seraient opprimées. Ainsi, l’homosexualité acceptée à Rome était partie intégrante du patriarcat, et l’homosexualité non-patriarcale était écartée. En addition, les rôles des hommes et des femmes furent rendus plus rigides, et ceux qui divergeaient de ces rôles étaient opprimés; par exemple l’Impératrice Héliogabale, qui était transgenre et très probablement assassinée car elle était queer

Avec l’influence grandissante du Christianisme, l’expression idéologique de la classe des seigneurs féodaux qui se développait de plus en plus dans les parties germaniques de l’Empire Romain, l’idée d’une homosexualité „acceptable“ fut complètement écrasée. Durant le 3e Siècle, des lois furent mises en place pour réguler les relations homosexuelles; au cours du 4e Siècle, les hommes ayant été pénétrés devaient être brûlés vifs; et après les révolutions féodales de l’Ouest germanique et l’Empire Romain d’Orient, l’homosexualité fut rendue complètement illégale par l’Empereur Justinien I au cours du 5e Siècle.

Pour synthétiser, l’esclavagisme a établi une oppression patriarcale systématisée des queers, d’abord par l’établissement de normes culturelles queer-antagoniques (comme en Grèce) et ensuite par l’établissement de lois de plus en plus restrictives (comme à Rome).

C. LE FÉODALISME ET L’OPPRESSION PATRIARCALE DES QUEERS

Les révolutions féodales en Europe ont mené à l’effondrement de l’Empire Romain d’Occident et l’établissement de l’État Byzantin dans l’Empire Romain d’Orient. Le Christianisme s’est fermement établi comme l’idéologie dominante de l’Europe féodale, qui a hérité de fortes idées patriarcales du judaïsme et plus tard de l’influence germanique. En caractérisant l’État féodal, Lénine dit:

Le changement survenu dans les formes d’exploitation a transformé l’Etat esclavagiste en Etat féodal. Cela avait une importance énorme. Dans la société esclavagiste, l’esclave n’a aucun droit, il n’est pas considéré comme un être humain ; dans la société féodale, le paysan est attaché à la terre. Ce qui caractérisait essentiellement le servage, c’est que la paysannerie (les paysans constituaient alors la majorité, la population des villes étant très peu nombreuse) était attachée à la glèbe, d’où le terme même de servage. Le serf pouvait travailler un certain nombre de jours pour son compte, sur le lopin de terre que lui avait donné le seigneur ; les autres jours, il travaillait pour son maître. La nature même de la société de classe subsistait : elle reposait sur l’exploitation de classe. Les seigneurs féodaux seuls avaient tous les droits ; les paysans n’en avaient aucun. Pratiquement, leur situation se distinguait fort peu de celle des esclaves dans la société esclavagiste. Pourtant une voie plus large s’ouvrait pour leur émancipation, pour l’émancipation des paysans, car le serf n’était pas considéré expressément comme la propriété du seigneur. Il pouvait passer une partie de son temps sur son lopin de terre, il pouvait, si l’on peut s’exprimer ainsi, s’appartenir, jusqu’à un certain point ; les possibilités pour le développement des échanges et des relations commerciales étant devenues plus grandes, la féodalité se désagrégeait de plus en plus, la sphère d’émancipation paysanne allait s’élargissant. La société féodale a toujours été plus complexe que la société esclavagiste. Elle recelait un important élément de progrès commercial et industriel, ce qui dès cette époque conduisait au capitalisme. Au moyen âge, le servage prédominait. Là encore, les formes de l’Etat différaient, là encore nous avons la monarchie et la république, celle-ci toutefois sous un aspect beaucoup moins marqué ; mais toujours, les seigneurs féodaux constituaient la seule classe dominante reconnue. Le paysan serf était complètement lésé de droits politiques. (Souligné par nous).15

Dans la société féodale, le patriarcat a évolué pour d’adapter au mode de production. Seulement, bien qu’étant en essence la même, le patriarcat féodal ne prit pas la même forme partout, en fonction des caractéristiques culturelles. L’établissement de religions organisées joua un rôle important dans ce processus.

L’oppression féodale-patriarcale des queers prit différentes formes en fonction de la base culturelle d’une société et d’un État féodal spécifique. En Europe, l’idéologie chrétienne a nourri les normes queer-antagonistes présentes en Allemagne, ce qui mena à l’établissement de punitions sévères de toute forme comportement queer. En Europe catholique, cela pris la forme de lois sur la sodomie, qui criminalisaient toutes relations sexuelles à but non-procréateur (cela a bien-sûr eu l’effet de criminaliser toutes relations sexuelles queers et seulement quelques relations sexuelles non-queers). En France médiévale, le sexe entre hommes était punit d’abord par la castration, puis par le démembrement et enfin par le bûcher; le sexe lesbien était punit par le démembrement puis par le bûcher, ce qui montre que le lesbianisme était vu comme la plus grande menace, car il niait complètement la famille féodale-patriarcale. Mais, avec Saint Thomas d’Aquin au 13e siècle, le queer-antagonisme chrétien atteint un niveau qualitativement supérieur en condamnant l’attraction homosexuelle, et non pas les relations sexuelles, comme étant un péché en lui-même, et la persécution des queers en opposition aux „sodomites“ en Europe devient plus forte avec l’apparition du Luthéranisme et des monarchies absolutistes, qui ont amené avec eux les pratiques de chasse aux sorcières, incluant la mise au bûcher de queers. De la pratique détestable de la chasse aux sorcières vient le terme anglais „faggot“, qui fait référence à la pratique des Tudors d’utiliser les homosexuels comme du „feu de bois“ pour les bûchers. Cela sert aussi de métaphore appropriée pour la relation entre l’oppression partiarcale des femmes et des queers.

En Chine féodale et dans le monde islamique, le système d’oppression patriarcale des queers était différent. Dans ces régions, les relations queers étaient courantes parmi les paysans et parmi les classes aristocratiques, et elles étaient acceptées du moment que les personnes impliquées participaient aussi dans des familles féodales patriarcales et élevaient des enfants. Les historiens Ssu-ma Chien et Pan Ku parlent tous deux d’empereurs et de dirigeants militaires queers, et le roman „Le Rêve dans le Pavillon Rouge“ contient plusieurs personnages bisexuels. Dans la province de Foukien, il y avait un système répandu de mariages queers au sain de la paysannerie, qui ne disparût pas avant le 19e siècle. Par contre, des lois sur la sodomie furent introduites sous la dynastie Ming, qui furent renforcées durant le règne Mandchou.

Nous pouvons voir par ces exemples que le patriarcat féodal n’implique pas nécessairement la dure répression anti-queer qui était présente en Europe médiévale. Mais seules les formes d’homosexualité qui n’entravaient pas la voie à la reproduction du travail et l’héritage de la propriété étaient permises. C’est l’idéologie spécifique de la chrétienté qui a amené les violentes vues anti-queers qui ont persisté en Europe durant le féodalisme et dont l’impérialisme a hérité.

3. LA DOUBLE OPPRESSION DES QUEERS

Dans la société capitaliste, les queers sont doublement opprimés: en tant que prolétaires et en tant que queers. Il n’y a pas d’oppression économique spécifique des queers autre que leur exploitation en tant que prolétaires; la base économique de la double oppression patriarcale des queers repose sur la famille nucléaire bourgeois-patriarcale et la double exploitation et oppression des femmes sous le capitalisme. Ainsi, ce qui est fondamental est de saisir les thèses du Marxisme sur l’exploitation et l’oppression des femmes, étant donné que cela est fondamental pour se saisir de la question queer.

A. LA FAMILLE PATRIARCALE BOURGEOISE

Dans la société capitaliste, le patriarcat est caractérisé par la double exploitation et oppression des femmes. Leur incorporation dans l’industrie pose les fondations de leur politisation et donc de leur émancipation, mais elles ne sont pas émancipées sous le capitalisme, qui doit remplir les conditions suivantes: 1) la reproduction du travail, 2) l’héritage de la propriété. Ainsi, la famille bourgeoise est établie:

Sur quelle base repose la famille bourgeoise d’à présent ? Sur le capital, le profit individuel. La famille, dans sa plénitude, n’existe que pour la bourgeoisie; mais elle a pour corollaire la suppression forcée de toute famille pour le prolétaire et la prostitution publique.

La famille bourgeoise s’évanouit naturellement avec l’évanouissement de son corollaire, et l’une et l’autre disparaissent avec la disparition du capital. (Souligné par nous).16

Parce que la famille bourgeoise est basée sur l’héritage de la propriété privée, elle n’existe pleinement qu’au sein de la bourgeoisie. En cela, le prolétariat a une „l‘absence pratique de la famille“. Mais, au sein du prolétariat, une famille patriarcale existe tout de même afin d’assurer la reproduction du travail. C’est précisément cette unité familiale bourgeoise qui est la base pour l’oppression patriarcale des queers – là où les queers bourgeois peuvent l’être si ils se marient, se reproduisent une ou deux fois, agissent „convenablement“ en public, les queers prolétariens ne peuvent pas, car ils doivent constamment focus sur reproduire autant de force de travail que possible pour les capitalistes. Ainsi émerge la double oppression spécifiquement capitaliste des queers: oppression en tant que prolétaire et oppression en tant que queer. Cette oppression en tant que queer prend de nombreuses formes: lois sur la sodomie, le sans-abrisme forcé, non-employabilité, prostitution forcée, abus domestique, et un favori particulier de la bourgeoisie des pays ou les droits queers n’ont été conquis qu’en nom: la violence pogromiste, réalisée par les éléments lumpen influencés par l’idéologie du patriarcat. Mais, dans la société capitaliste, nous ne trouvons pas de double exploitation particulière des queers; la base économique pour l’oppression des queers est la double exploitation et oppression des femmes, et il n’y a pas d’exploitation spécifique des queers autrement qu’en tant que prolétaire.

B. OPPRESSION ÉTATIQUE DES QUEERS

Caractérisant la société capitaliste en relation avec l’État, Lénine dit:

Pour comprendre la lutte engagée contre le capital mondial, pour comprendre la nature de l’Etat capitaliste, il faut se rappeler que celui-ci, lorsqu’il se dressait contre la féodalité, allait au combat sous le mot d’ordre de liberté. L’abolition du servage, c’était la liberté pour les représentants de l’Etat capitaliste ; elle leur était avantageuse dans la mesure où, le servage disparu, les paysans pouvaient posséder en toute propriété la terre qu’ils avaient rachetée, ou le lot qu’ils avaient acquis au temps où ils payaient redevance, ce qui importait peu à l’Etat : il protégeait toute propriété, quelle qu’en fût l’origine, puisqu’il reposait sur la propriété privée. Les paysans devenaient des propriétaires dans tous les Etats civilisés modernes. L’Etat protégeait aussi la propriété privée là où le propriétaire remettait une partie de ses terres au paysan ; celui-ci devait dédommager le propriétaire par voie de rachat, à prix d’argent. En somme, l’Etat déclarait qu’il conserverait, pleine et entière, la propriété privée, à laquelle il accordait tout son appui, toute sa protection. L’Etat reconnaissait cette propriété en faveur de tout marchand, industriel ou fabricant. Et cette société, fondée sur la propriété privée, sur le pouvoir du capital, sur la subordination complète de tous les ouvriers et des masses paysannes laborieuses pauvres, cette société, dis-je, proclamait que sa domination était fondée sur la liberté. Luttant contre le servage, elle déclarait libre toute propriété et elle était particulièrement fière que l’Etat eût, soi-disant, cessé d’être un Etat de classe.

Or, l’Etat demeurait une machine qui aide les capitalistes à assujettir la paysannerie pauvre et la classe ouvrière ; mais extérieurement, il est libre. Il proclame le suffrage universel, déclare par la bouche de ses zélateurs, de ses avocats, de ses savants et de ses philosophes, qu’il n’est pas un Etat de classe. Même aujourd’hui, quand les Républiques socialistes soviétiques ont engagé la lutte contre lui, ils nous accusent de violer la liberté, d’édifier un Etat fondé sur la contrainte, sur la répression des uns par les autres, alors qu’ils représenteraient, eux, l’Etat démocratique, l’Etat de tout le peuple. Et aujourd’hui, à l’heure où la révolution socialiste a commencé dans le monde entier, où la révolution triomphe dans quelques pays, où la lutte contre le capital mondial s’est exacerbée, la question de l’Etat a acquis une importance extrême, elle est devenue, pourrait-on dire, la question la plus névralgique ; elle est au cœur de tous les problèmes politiques, de toutes les controverses politiques de notre temps. (Souligné par nous).17

Et caractérisant l’État capitaliste suisse en particulier, avec sa milice réactionnaire et le règne ouvert des capitaliste financiers, le contrastant avec la nécessité de la révolution socialiste:

[…] vous prétendez que votre État est libre ; mais en réalité, tant qu’existe la propriété privée, votre État, fût-il une république démocratique, n’est qu’une machine aux mains des capitalistes pour réprimer les ouvriers, et cela apparaît d’autant plus clairement que l’État est plus libre. La Suisse en Europe, les États-Unis en Amérique, en sont un exemple. Nulle part la domination du capital n’est aussi cynique et impitoyable, et nulle part cela n’éclate autant que dans ces pays qui sont pourtant des républiques démocratiques, malgré leur savant maquillage, malgré tous les propos sur la démocratie pour les travailleurs, sur l’égalité de tous les citoyens. En réalité, en Suisse et en Amérique, c’est le capital qui règne, et on riposte aussitôt par la guerre civile à toutes les tentatives faites par les ouvriers pour obtenir une amélioration tant soit peu substantielle de leur sort. Ces pays sont ceux qui ont le moins de soldats, de troupes permanentes ; en Suisse il existe une milice, et tout Suisse a un fusil chez lui ; jusqu’à ces derniers temps, l’Amérique n’avait pas d’armée permanente. C’est pourquoi, quand une grève éclate, la bourgeoisie s’arme, recrute des soldats et réprime la grève; et nulle part le mouvement ouvrier n’est aussi férocement réprimé qu’en Suisse et en Amérique, nulle part l’influence du capital ne se fait aussi fortement sentir au Parlement. La force du capital est tout, la Bourse est tout ; le Parlement, les élections ne sont que des marionnettes, des fantoches… Mais plus le temps passe, et plus les yeux des ouvriers s’ouvrent, plus l’idée du pouvoir des Soviets progresse, surtout après le sanglant carnage que nous venons de subir. La classe ouvrière se rend de mieux en mieux compte de la nécessité de lutter implacablement contre les capitalistes. (Souligné par nous).18

Dans le contexte du capitaliste, une société basée sur la production de marchandises, pas en tant que biens pour l’usage, mais en tant que biens à vendre, une société d’exploitation dans laquelle l’État n’est rien d’autre qu’une qu’un instrument d’exploitation et d’oppression, en particulier l’État suisse, cette expression pourrie de l’Urschweizertum. Dans un tel mode de production, maintient par un tel État, l’exploitation et l’oppression est étendue à un degré plus large.

Mais répression et résistance forment une dialectique, et l’oppression anti-queer du moyen-âge s’est heurtée à de la résistance durant les révolution bourgeois-démocratiques. Durant la Grande Révolution Française ayant commencé en 1789, il y eut des émeutes et des manifestations effectuées par les masses queers à Paris. En résultante de ceci, l’homosexualité fut décriminalisée par le gouvernement révolutionnaire en 1791. Ce fut une grande conquête pour les masses queers de France, mais elle la leur sera arrachée une fois de plus lors de la restauration féodale de 1815. La décriminalisation de l’homosexualité en France ne fut par contre pas un résultat de la „liberté“ que l’État capitaliste proclame – après tout, le capitalisme a amené avec lui une répression accrue – ce fut une conquête des masses basée sur leur instinct de classe.

En Grande Bretagne, l’oppression des queers se développa durement durant le 18e et le 19e siècle, avant même l’apparition de l’impérialisme. Les dites „Molly Houses“, des clubs sociaux et bars clandestins pour les hommes gays, qui étaient apparus en Angleterre durant le 17e siècle, firent l’expérience d’une période de raids et de répressions; en 1726, trois hommes furent pendus après avoir étés arrêtés durant un raid. En 1810, 27 hommes furent arrêtés pour suspicion de sodomie. Quand la peine de mort pour la sodomie fut levée en 1861, 8’921 hommes avaient été poursuivis, 404 condamnés à mort et 56 exécutés, depuis 1806. Mais l’abolition de la peine de mort fur vite remplacée, en 1885, par l’interdiction non seulement de relations homosexuelles, mais de tout acte homosexuel entre hommes. Le résultat de cette répression fut que généralement les queers cachaient leur condition de leur famille, patron, police, etc., et vivaient leur vie „dans le placard“, ce qui est encore le cas aujourd’hui. Par exemple, les lesbiennes aux États-Unis au 19e siècle vivaient typiquement dans des „Mariage de Boston“, où elles se présentaient en tant qu’ „amies proches“, ce qui fonctionnait état donné que les femmes étaient vues comme des êtres asexués seulement bonnes à se reproduire avec les hommes. Néanmoins, les femmes lesbiennes et asexuées étaient réprimées si elles ne se mariaient pas avec des hommes, et le résultat fur que leurs droits furent réduits.

En Allemagne, où l’homosexualité avait été décriminalisée durant le 18e siècle, les queers firent soudainement face à une période de répression plus développée lors de l’établissement du „Reich“ en 1871. Le paragraphe 175 du Code Pénal criminalisa l’homosexualité. Lentement, un mouvement dirigé par les bourgeois pour l’abolition de ce paragraphe commença à se développer.

C. IDÉOLOGIE QUEER-ANTAGONIQUE

L’oppression idéologique des queers fait partie de l’oppression patriarcale qu’ils subissent. Là où l’essence de l’oppression idéologique des femmes se trouve dans la conception de la „nature féminine déficiente“, l’essence de l’oppression idéologique des queers est la conception d’éléments „dégénérés“ ou „divergents“, qui doivent être intégrés de force ou être purgés de la société patriarcale „pour la santé du peuple“. Cette conception est noire, réactionnaire, pourrie, idéologiquement bourgeoise, et ne prend pas pied au sein du prolétariat, mais seulement au sein du lumpenprolétariat et des sections les plus arriérées des masses.

Cette oppression idéologique est la source des pogroms réactionnaires contre les queers, qui sont perpétrés par les lumpen et encouragés par les vieux États, qu’ils soient impérialistes ou bureaucrate-propriétaire. L’assault, viol et meurtre des queers de par le monde est le résultat des bourgeoisies impérialistes, bureaucratiques et compradores appliquant l’oppression patriarcale plus ou moins indirectement. Elle est propagée par l’impérialisme, par exemple par de la propagande menée par les missionnaires yankees en Afrique Subsaharienne, qui ont initié des pogroms anti-queers en Ouganda, ou de la propagande par les islamistes salafiste, qui, se basant sur les États bureaucrate-propriétaire d’Arabie, effectuent les demandes des puissances et superpuissances impérialiste dans des pays tels que l’Iraq, la Syrie, l’Egypte, le Mali et la Somalie. En Inde, des pogroms anti-queers, incluant des pogroms contre les hijra, sont encouragés par le BJP hindou-fasciste et perpétré par des gangs lumpen de terroristes Saffrans. Tous ces exemples font partie du génocide des peuples opprimés, particulièrement du génocide des queers, afin de renforcer l’impérialisme et le patriarcat.

Dans les États impérialistes d’Europe et d’Amérique du Nord, le Christianisme joue un rôle particulièrement important dans l’oppression idéologique des queers. Comme nous l’avons établi, le queer-antagonisme inhérent au Christianisme trouve ses origines dans les idées patriarcales du Judaïsme, mais a été développé plus avant par la christianisation des tribus germaniques d’Europe, qui pratiquaient déjà la violence réactionnaire contre les queers. Planté dans ce sol pourri, les idées chrétiennes sur la „sodomie“ et le „pêché“ ont grandi en plantes empoisonné, la force motrice principale derrière l’idéologie du queer-antagonisme qui est aujourd’hui dominante en Suisse, aux États-Unis, en Grande Bretagne et de nombreux autres États impérialistes, ainsi que propagée dans les nations opprimées.

En synthèse. l’idéologie queer-antagoniste est bourgeoise et sert à guide l’oppression patriarcale des queers au travers de législations réactionnaires et de violences lumpen-pogromistes. Sa forme principale est le Christianisme en Europe et dans les Amériques, et prend d’autres formes ailleurs dans le monde.

Mais il y a une autre forme d’idéologie queer antagoniste, qui est présente dans le mouvement prolétarien – aussi bien dans le mouvement ouvrier que dans le MCI. Ce problème est le problème de la métaphysique sexuelle, ou le révisionnisme queer-antagonique. La métaphysique sexuelle consiste essentiellement à nier la question queer soit en la faisant disparaître par les mots ou en faisant passer les queers pour des „dégénérés“ en utilisant une terminologie „Marxiste“. Elle fait contrebande du préjudice bourgeois-patriarcal au sein du prolétariat au travers de phraséologie. Des aspects spécifiques importants de la métaphysique sexuelle inclus l’idée que les personnes transgenre ne peuvent matériellement devenir le sexe qu’ils désirent et donc qu’ils „ruinent leurs corps“; que les queers ne peuvent être Communistes car „l’homosexualité est une idéologie bourgeoise et individualiste“; et que le marriage est entre un homme et une femme, voulant dire que „les homosexuels ne luttent pas contre le patriarcat dans leur vie personnelle“.19

Nous avons déjà dit plus haut que le queer antagonisme ne prennent pied qu’au sein des éléments les plus arriérés des masses, telles que l’aristocratie ouvrière et les éléments semi-lumpen. Nous maintenons que cela est vrai, et le développons plus avant au regard de l’aristocratie ouvrière dont parle Lénine:

On conçoit que ce gigantesque surprofit (car il est obtenu en sus du profit que les capitalistes extorquent aux ouvriers de «leur» pays) permette de corrompre les chefs ouvriers et la couche supérieure de l’aristocratie ouvrière. Et les capitalistes des pays «avancés» la corrompent effectivement: ils la corrompent par mille moyens, directs et indirects, ouverts et camouflés.

Cette couche d’ouvriers embourgeoisés ou de l’«aristocratie ouvrière», entièrement petits-bourgeois par leur mode de vie, par leurs salaires, par toute leur conception du monde, est le principal soutien de la 2e Internationale, et, de nos jours, le principal soutien social (pas militaire) de la bourgeoisie. Car ce sont de véritables agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier, des commis ouvriers de la classe des capitalistes (labour lieutenants of the capitalist class), de véritables propagateurs du réformisme et du chauvinisme. Dans la guerre civile entre prolétariat et bourgeoisie, un nombre appréciable d’entre eux se range inévitablement aux cotés de la bourgeoisie, aux côtés des ‚Versaillais‘ contre les ‚Communards‘. (Souligné par nous).20

La métaphysique sexuelle est particulièrement dangereuse car elle peut et sera importée dans les Partis Communistes et les Organisations à moins qu’elle soit combattue sur la base du Marxisme. La métaphysique sexuelle se centre essentiellement sur la défense de l’unité familiale bourgeoise; non pas car vue comme étant bourgeois-patriarcale (ce qui est son essence), mais car les prolétaires y participent et leurs familles sont attaquées par le l‘absence pratique de la famille chez le prolétariat, et est vue comme la meilleure base économique pour la survie à la fois de la classe et de la lutte de lignes contre l’idéologie patriarcale dans la tête de l’homme. C’était l’argument mis en avant par le Camarade Staline et plus tard par les révisionnistes Enver Hoxha et Bob Avakian, quand ils étaient encore des communistes, et justifiaient leurs positions queer-antagoniques.

Nous sommes contre la métaphysique sexuelle en tant que forme du néo-impressionnisme; sa base économique est l’appauvrissement forcé des masses queers, qui limite leur intégration au sein du mouvement ouvrier; sa base politique est la présence d’un „mouvement LGBT+“ qui soulève la politique d’identité et la dégénérescence culturelle (encouragement et défense de la pédophilie, de la pornographie, du „BDSM“, etc.) étrangers au prolétariat; et sa base théorique est le manque d’application créative du Marxisme-Léninisme-Maoïsme-pensée Gonzalo, principalement Pensée Gonzalo, pour résoudre la question queer. Il est dans l’intérêt de l’aristocratie ouvrière de défendre l’ unité familiale nucléaire bourgeoise-patriarcale, étant donné qu’elle en profite et qu’il lui est permit par la bourgeoisie monopoliste de ne pas être affectée par „l‘absence pratique de la famille chez le prolétariat“.

En synthèse, l’aristocratie ouvrière est la base de la présence de la métaphysique sexuelle au sein du mouvement prolétarien, métaphysique qui doit être combattue par les Communistes sur la base d’une position marxiste sur la question queer.

D. L’IMPÉRIALISME ET LA DOUBLE OPPRESSION DES QUEERS

L’impérialisme a été clairement défini par Lénine:

L’impérialisme est un stade historique particulier du capitalisme. Cette particularité est de trois ordres: l’impérialisme est 1) le capitalisme monopoliste; 2) le capitalisme parasitaire ou pourrissant; 3) le capitalisme agonisant. La substitution du monopole à la libre concurrence est le trait économique capital, l’essence de l’impérialisme. Le monopolisme se manifeste sous cinq formes principales: 1) les cartels, les syndicats patronaux, et les trusts; la concentration de la production a atteint un degré tel qu’elle a engendré ces groupements monopolistes de capitalistes; 2) la situation de monopole des grosses banques: trois a cinq banques gigantesques régentent toute la vie économique de l’Amérique, de la France, de l’Allemagne; 3) l’accaparement des sources de matières premières par les trusts et l’oligarchie financière (le capital financier est le capital industriel monopolisé, fusionné avec le capital bancaire); 4) le partage (économique) du monde par les cartels internationaux a commencé. Ces cartels internationaux, détenteurs du marché mondial tout entier qu’ils se partagent «à l’amiable» — tant que la guerre ne l’a pas repartagé — on en compte déjà plus de cent ! L’exportation des capitaux, phénomène particulièrement caractéristique, à la différence de l’exportation des marchandises à l’époque du capitalisme non monopoliste, est en relation étroite avec le partage économique et politico-territorial du monde; 5) le partage territorial du monde (colonies) est terminé.

L’impérialisme, stade suprême du capitalisme d’Amérique et d’Europe, et ensuite d’Asie, a fini de se constituer vers 1898-1914. Les guerres hispano-américaine (1898), anglo-boer (1899-1902), russo-japonaise (1904-1905) et la crise économique de 1900 en Europe, tels sont les principaux jalons historiques de la nouvelle époque de l’histoire mondiale. (Souligné par nous).21

L’oppression patriarcale des queers a atteint un niveau qualitativement supérieur dans la société impérialiste. En réponse, le mouvement d’émancipation queer a grandit et est devenu plus combatif sous l’impérialisme, en particulier lors des périodes d’essor de la révolution internationale, comme durant les années 1920 et les années 1960 et les années 70, durant les années 2010 et 2020. La „famille nucléaire“ bourgeoise est maintenu comme étant le standard, et même dans les pays où les queers ont conquis de nombreuses demandes quotidiennes, être queer leur est encore seulement permis si ils entrent dans des familles bourgeoises eux-mêmes et participent en auxiliaire à la reproduction du travail, par exemple via l’adoption d’enfants orphelins.

Avec l’apparition de l’impérialisme, le fascisme est aussi entré en scène, avec ses trois aspects: 1) Militarisation du vieil État. 2) Le Corporatisme pour remplacer le Parlementarisme. 3) Éclectisme idéologique. Le fascisme se fait de plus en plus développer par les États impérialistes, à la fois par la croissance de mouvements fascistes basés sur le lumpenprolétariat, et par la réactionnarisation des vieux États. Un élément de cela est la corporativisation accrue des masses queers afin d’annuler leurs droits conquis. Par exemple, la répression aiguë contre les queers dans l’Empire Allemand a ouvert la voie à une période de luttes menées à la fois par les masses pour conquérir des droits, mais aussi des luttes menées par les bourgeois pour corporativiser les masses queers et limiter leur rébellion, durant la dite République de Weimar. Le mouvement pour les droits queers, originellement mené par le Parti Social-Démocratique sous Auguste Bebel, fut repris par des démo-libéraux tels que Magnus Hirschfeld et Adolf Brand. L’Institut de Sexologie fut établi par Hirschfeld en 1919, qui d’un côté effectuait l’agitation et la propagande pour la légalisation de l’homosexualité et protégait les queers de la répression étatique, mais de l’autre côté a directement collaboré avec l’État dirigé par la Prusse pour corporativiser les queers, par exemple en distribuant des „permis“ pour les homosexuels et les transgenres, reconnus par la police. Cet example montre la dualité de la petite-bourgeoisie et le besoin d’une direction prolétarienne. La corporativisation des queers est une tendance générale dans les vieilles démocraties bourgeoises, comme au Danemark, où le traitement médical précédemment décentralisé pour les transgenres fut banni en 2009 et placé sous le contrôle direct de la „Clinique Sexologique“ qui compare les queers à des pédophiles; dans les États impérialistes en général, les queers sont forcés à dépendre de l’État pour ce qui est de l’adoption, de l’insémination artificielle, la chirurgie de réaffectation sexuelle, le traitement hormonal, le changement de genre légal, etc., et les impérialistes font de leur mieux pour maintenir le contrôle sur ces services, qui ont été conquis par les masses, au lieu de donner au peuple un contrôle démocratique de ces services.

La présence de l’impérialisme et particulièrement des guerres impérialistes et des Guerres Mondiales donne lieu à une militarisation accrue des vieux États, qui s’exprime par le déroulement d’un génocide généralisé des queers dans le monde entier, qui est inégalement développé. Les développement en Allemagne durant les années 1920 et 1930, et plus particulièrement l’échec du Parti Communiste d’Allemagne sous la direction du Camarade Thälmann à appliquer créativement le Marxisme aux conditions de la Révolution Allemande, à diriger le mouvement queer d’émancipation queer au service de la révolution prolétarienne spécifiquement, et en général à mener la guerre révolutionnaire pour la conquête du Pouvoir, a mené à la prise de pouvoir du gouvernement Nazi-Fasciste en 1933 et à la période du fascisme des plus impitoyables de l’histoire du monde. L’Holocauste se déroula comme étant un génocide généralisé des peuples au profit de l’impérialisme allemand pour obtenir le Lebensraum, en particulier en tant que génocide du peuple juif. Le génocide des queers était un autre aspect de l’Holocauste. Les queers, qui précédemment avait gardé un certain degré de droits, furent envoyés dans les camps de concentration immédiatement en 1933; les hommes gay et les femmes transgenre étaient marqués d’un triangle violet et systématiquement exterminés, tandis que les lesbiennes et les hommes trans étaient marqués avec le triangle noir „anti-social“. Près de 100’000 queers furent exterminés par les Fascistes-Nazis. Quand l’Europe fut libérée par l’Armée Rouge en 1945, les queers encore en vie dans les camps de concentration Fascistes-Nazis furent réincarcérés dans les exact même camps par l’État ouest-allemand, et ce n’est qu’en 1994 que l’homosexualité fut légalisée dans la République Fédérale d’Allemagne. Mais le génocide des queers ne s’arrêta pas là – plutôt, il continue partout dans le monde aujourd’hui, dans de nombreuses formes. L’épidémie de SIDA durant les années 1980 dans les États impérialistes (et encore aujourd’hui dans le Tiers Monde!) signifia une extermination des queers à un niveau encore supérieur à l’Holocauste par le déni systématique de service de santé de prévention et la condamnation des queers eux mêmes par le Président Yankee Reagan, le Pape Jean Paul II et d’autres dirigeants impérialistes. En 2017, un génocide des queers commença dans la colonie russe de Tchétchénie, incluant des disparitions forcées, la torture, des assassinats, l’établissement de camps de concentration, et tout cela continue encore aujourd’hui. En Suisse, un homosexuel est mort du SIDA il y a quelques années car son traitement était jugé „non-essentiel“ par le gouvernement cantonal et son assurance. Et dans chaque pays, quelque „progressiste“ qu’il soit, les queers sont systématiquement forcés à perdre leur foyer, à disparaître, se font tabasser, violer et tuer en résultante de l’idéologie queer-antagonique qui fait partie de la double oppression des queers, et qui s’est intensifiée avec l’impérialisme. Ainsi, c’est un total mensonge que de dire que l’impérialisme à donné aux queers des „droits civiques“. Ces droits ont été conquis par les partisans qui ont combattu le Fascisme Nazi; ils ont été conquis à la cafétéroa de Compton et à Stonewall; ils sont en train d’être conquis par les Guerres Populaires en Turquie et aux Phillipines; et dans bien d’autres, plus petites luttes dans chaque pays sur Terre. Et n’oublions pas l’exemple de l’Allemagne: un mouvement queer dirigé par la bourgeoisie a gagné des droits et des demandes, mais au final, l’ Institut de Sexologie fut brûlé Magnus Hirschfeld fuit et des milliers moururent dans les camps d’extermination. Sous l’impérialisme, chaque droit sera twisted et turned, et quand il sera possible de l’arracher, il le sera. Tout cela fait partie du génocide impérialiste généralisé des queers dans le monde entier, qui fait partie de l’annihilation impérialiste du prolétariat et des peuples opprimés

Ce génocide n’est qu’une expression de ce que Lénine a écrit:

La guerre impérialiste a considérablement accéléré et accentué le processus de transformation du capitalisme monopoliste en capitalisme monopoliste d’Etat. La monstrueuse oppression des masses laborieuses par l’Etat, qui se confond toujours plus étroitement avec les groupements capitalistes tout-puissants, s’affirme de plus en plus. Les pays avancés se transforment – nous parlons de leur ‚arrière‘ – en bagnes militaires pour les ouvriers. (Souligné par nous).22

E. TRIPLE OPPRESSION DES QUEERS DANS LE TIERS MONDE

Après la 2e Guerre Mondiale, l’impérialisme a redivisé le monde et trois monde se sont dessinés, comme nous l’enseigne le Président Mao: Je pose que les États-Unis et l‘Union Soviétique appartiennent au premier monde. Les éléments du milieu, comme le Japon, l‘Europe, l‘Australie et le Canada, appartiennent au second monde. Nous sommes le troisième monde. (Souligné par nous).23

Dans le Tiers Monde existent ces nations opprimées basées sur le semi-féodalisme ou des modes de production plus anciens, dominés par l’impérialisme par ses méthodes de contrôle coloniales et semi-coloniales et dans ces pays, un capitalisme bureaucratique se développe, parasite, monopoliste, mourrant, mais pas encore mort; un enfant mort-né de deux parents mourrants: l’impérialisme et le semi-féodalisme. C’est le cas des nations opprimées d’Asie (excepté le Japon et la Chine), d’Afrique, d’Amérique Latine et l’Océanie (excepté l’Australie et la Nouvelle Zélande), et comme le Président Gonzalo nous l’a appris, le Tiers Monde s’étend en Europe, englobant de tels pays que l’Irlande et l’ancien „Bloc de l’Est“ (excepté la Russie et la République Démocratique Allemande). Sous les conditions du capitalisme bureaucratique, l’oppression patriarcale est plus aiguisée; elle est caractérisée à la fois par la brutalité du moyen-âge et la catégorisation „scientifique“ industrialisée de l’impérialisme. Cela ne peut avoir qu’une conséquence: une triple oppression brutalement aiguisée des femmes et des queers. Triple, car elle est à la fois une oppression de classe, une oppression patriarcale et une oppression nationale. Cette oppression replace les vieilles institutions du vieux „tiers genre“ qui ont survécu, de différente manières, de la société primitive.

Le Président Mao Tsé-toung a caractérisé la triple oppression des femmes dans la Chine semi-féodale et semi-coloniale: Quant aux femmes, elles se trouvent sous l’autorité des hommes ou le pouvoir marital. Ces quatre formes de pouvoir – politique, clanal, religieux et marital – représentent l’ensemble de l’idéologie et du système féodalo-patriarcaux et sont les quatre grosses cordes qui ligotent le peuple chinois et en particulier la paysannerie. (Souligné par nous).24 Cela est il le moins du monde différent des queers en Somalie ou en Afghanistan, qui font face à des meurtres d’honneur par leur propre clan, les homosexuels en Iran, qui ont le choix entre l’exécution et le changement de sexe forcé, les femmes trans en Thaïlande, qui doivent mener une vie d’esclaves à la pornographie ou à l’industrie du tourisme sexuel, les lesbiennes au Mexique, qui peuvent être battues à mort par un homme qui ne peut pas les avoir, ou encore un jeune queer en Hongrie, en Irlande, en Pologne, jeté sur les rues froides par un père qui aime plus l’Église que son propre fils? Cela n’est pas du tout différent, c’est une oppression de caractère patriarcal, spécifique aux conditions du Tiers Monde, et la nier signifie soutenir le génocide actuel des queers dans le monde entier.

En synthèse, l’impérialisme se développe une oppression beaucoup plus brutale, mais systématisée des queers dans le Tiers Monde. Cela est propagé en tant que partie de l’expansion du capitalisme bureaucratique. Le patriarcat impérialiste et bourgeois-bureaucratique remplace petit à petit les restes d’institutions du „tiers genre“, mais la conception prolétarienne de la question queer se propage aussi de cette manière.

4. POUR UNE LIGNE DE CLASSE DANS LE MOUVEMENT QUEER !

Le mouvement queer trouve ses origines dans l’incorporation à grande échelle des masses dans la production sous le capitalisme, qui d’une côté force les queers à se cacher dans le placard et empêche leur mouvement de se développer en tant que partie du mouvement prolétarien, et de l’autre côté force les queers à développer des espaces socio-politiques clandestins et semi-clandestins, en contradiction aïgue avec l’État bourgeois, ce qui donne naissance à un mouvement queer coupé du reste du mouvement des masses.

A. ORIGINES ET DÉVELOPPEMENT DU MOUVEMENT QUEER

L‘essence de l‘oppression bourgeoise-patriarcale des homosexuels consiste à punir les écarts par rapport aux normes sexuelles et aux rôles de genre de la société, afin de défendre l‘unité familiale nucléaire bourgeoise-patriarcale. Elle prend de nombreuses formes: Les travailleurs homosexuels sont licenciés de leur lieu de travail, les jeunes homosexuels sont mis à la rue par leur famille, les couples homosexuels sont expulsés de leur domicile, soumis à une thérapie forcée par électrochocs ou à une “thérapie de conversion” chrétienne, et les homosexuels en général sont constamment exposés à la répression policière ou, dans les pays où l‘homosexualité est désormais officiellement légale, à la violence, au viol et au meurtre des lumpen-pogromistes. La fonction de cette répression n‘est pas de “convertir” les homosexuels en général, mais de les empêcher de “rester dans le placard” et de participer à la famille nucléaire bourgeoise et patriarcale.

Toutes ces formes d‘oppression, en particulier les formes économiques, ont pour effet d‘accroître la paupérisation des queers, qui deviennent chaque jour des sans-abri, des chômeurs, doivent se tourner vers la prostitution ou la petite délinquance pour survivre, tombent dans la toxicomanie, etc. La tendance est à la lumpenisation des masses queers, dont la fonction est de servir d‘exemple supplémentaire aux queers enfermés, tout en faisant partie de la liquidation générale de la classe et du peuple.

Le fait que les homosexuels soient obligés de rester dans le placard signifie qu‘ils ne peuvent pas nécessairement former une partie spéciale du mouvement prolétarien ou s‘organiser en dehors des espaces clandestins ou semi-clandestins. Même les espaces culturels queer, comme les bars, sont généralement clandestins ou semi-clandestins. C‘est la tendance générale et c‘est la condition dans la plupart des pays et des périodes ; le mouvement queer depuis 1969 a conquis des revendications économiques et politiques qui repoussent cette tendance et permettent des espaces et des organisations légaux et semi-légaux, mais cela n‘est toléré que temporairement par la réaction. Dans les États où le mouvement queer a été historiquement faible, comme en Russie, nous trouvons encore une situation similaire à celle des États-Unis ou de l‘Europe occidentale au début des années 1960. Et comme le montre l‘expérience de l‘Allemagne de 1918 à 33, ces droits conquis peuvent être laminés par le fascisme.

Cet isolement du mouvement prolétarien a fait que le mouvement queer a eu une faible présence communiste et une forte influence bourgeoise, ce qui a conduit à une politique d’identité. Cela conduit donc à un sentiment d‘antagonisme envers les queers dans le mouvement révolutionnaire, qui tend à considérer le mouvement queer comme bourgeois ou petit-bourgeois, individualiste, hédoniste et généralement réactionnaire.

Les confrontations constantes avec la famille bourgeoise-patriarcale et l‘État bourgeois, cependant, ont pour effet de super-politiser les masses queer; cela signifie qu‘elles sont, plus que la plupart des autres sections des masses, forgées dans un instinct de classe aigu dès le moment où elles sortent du placard. Cette super-politisation explique la prévalence des queers dans le mouvement révolutionniste, et rend encore plus nécessaire une direction prolétarienne. Ainsi, il devient plus nécessaire de séparer le bon grain de l‘ivraie, comme dirait Lénine.

En raison du génocide impérialiste généralisé des queers dans le monde entier, de la paupérisation des masses queers et de la super-politisation des queers, les 20e et 21e siècles ont généré le mouvement d‘émancipation des queers ; ce mouvement est le résultat de la lutte des masses queers elles-mêmes et est un mouvement de revendications quotidiennes dans lequel tout le peuple agit. Ce n‘est pas un mouvement prolétarien, car les partis communistes refusent de le diriger, mais sa perspective est la direction prolétarienne et la conquête du pouvoir, et c‘est pourquoi nous l‘appelons le mouvement d‘émancipation des queers. Fondamentalement, quels que soient les personnages bourgeois qui tentent de le trafiquer, c‘est un mouvement des masses les plus profondes et les plus larges. C‘est l‘expression organisationnelle de la super-politisation des queers qui a lieu en raison de la répression extrêmement forte à laquelle ils sont confrontés. Et sa tendance est de plus en plus de s‘intégrer au mouvement prolétarien et de servir la Révolution Prolétarienne Mondiale.

Nous soulignons les luttes des années 1960 et 1970, en particulier les émeutes de la cafétéria de Compton à San Francisco, les émeutes de Stonewall à New York et le vaste mouvement de libération gay aux États-Unis, dans lequel certains groupes ont adopté la pensée Mao Tsé-toung (comme le Front de Libération Gay d’Houston), d‘autres ont tenté d‘appréhender la question queer sur la base du marxisme (comme le Groupe de Recherche de Los Angeles) et d‘autres encore (comme STAR) ont appelé à la violence révolutionnaire. Cependant, parmi les groupes qui n‘ont pas repris le marxisme, le problème est que seule une conscience économiste a été développée ; STAR, par exemple, a appelé à la révolution en paroles, mais dans la pratique ne s‘est concentré que sur le soutien social, culturel et économique des masses queer les plus profondes et les plus larges, sans les organiser pour la Guerre Populaire. Ceci n‘est pas une déclaration contre le mouvement d‘émancipation queer – c‘est simplement la confirmation de la thèse de Lénine:

Les ouvriers, avons-nous dit, ne pouvaient pas avoir encore la conscience social-démocrate.25Celle-ci ne pouvait leur venir que du dehors. L’histoire de tous les pays atteste que, par ses seules forces, la classe ouvrière ne peut arriver qu’à la conscience trade-unioniste, c’est-à-dire à la conviction qu’il faut s’unir en syndicats, mener la lutte contre le patronat, réclamer du gouvernement telles ou telles lois nécessaires aux ouvriers, etc. Quant à la doctrine socialiste, elle est née des théories philosophiques, historiques, économiques élaborées par les représentants instruits des classes possédantes, par les intellectuels. Les fondateurs du socialisme scientifique contemporain, Marx et Engels, étaient eux-mêmes, par leur situation sociale, des intellectuels bourgeois. De même en Russie, la doctrine théorique de la social-démocratie surgit d’une façon tout à fait indépendante de la croissance spontanée du mouvement ouvrier; elle y fut le résultat naturel, inéluctable du développement de la pensée chez les intellectuels révolutionnaires socialistes. […] La conscience politique de classe ne peut être apportée à l’ouvrier que de l’extérieur, c’est-à-dire de l’extérieur de la lutte économique, de l’extérieur de la sphère des rapports entre ouvriers et patrons. Le seul domaine où l’on pourrait puiser cette connaissance est celui des rapports de toutes les classes et couches de la population avec l’Etat et le gouvernement, le domaine des rapports de toutes les classes entre elles. C’est pourquoi, à la question : que faire pour apporter aux ouvriers les connaissances politiques ? – on ne saurait donner simplement la réponse dont se contentent, la plupart du temps, les praticiens, sans parler de ceux qui penchent vers l’économisme, à savoir ‚aller aux ouvriers‘. Pour apporter aux ouvriers les connaissances politiques, les social-démocrates doivent aller dans toutes les classes de la population, ils doivent envoyer dans toutes les directions des détachements de leur armée. (Souligné par nous).26

Nous insistons : La tendance est à l‘intégration au mouvement prolétarien, pas à l‘isolement. Ceux qui prétendent que le mouvement d‘émancipation queer est „petit-bourgeois“ devraient enquêter davantage. Le Front de Libération Gay de Houston a mené activement un travail de masse et s‘est intégré au Black Panther Party pour l’Autodéfense. Le roupe de Recherche de Los Angeles a participé à la lutte pour la reconstitution du Parti Communiste des États-Unis, mais ses membres ont été exclus du processus de formation du Parti Communiste Révolutionnaire parce qu‘ils étaient queers. Le livre „Stone Butch Blues“ de l‘auteur Leslie Feinberg devrait être étudié par tous les communistes, car il décrit avec précision les conditions de vie des queers prolétaires dans les années 1950 à 1970, et accorde une attention particulière au grand nombre de lesbiennes employées comme dockers et ouvrières d‘usine, qui étaient exclues par principe des syndicats. Ceux qui ne comprennent pas l‘appauvrissement des masses queer et la prévalence de la prostitution et de la conscience économiste qui en résulte parmi elles, ne devraient pas tourner le nez vers le ciel, mais étudier pourquoi il en est ainsi et comment développer une conscience prolétarienne. Le film documentaire : „Paris is Burning“, montre clairement l‘état de la vie queer à New York dans les années 1970 et 1980. Et comme exemple de la tendance à s‘intégrer au mouvement prolétarien, nous soulignons le cercle „Lesbians and Gays Support the Miners“, qui, en 1984-85, a mené une campagne de solidarité pour les grèves des mineurs en Grande-Bretagne, ce qui a conduit à une meilleure compréhension des luttes queer et ouvrières en tant que luttes de masse prolétariennes. Aujourd‘hui, les révolutionnaires prolétariens de plusieurs pays intègrent les homosexuels dans la guerre populaire ou dans le processus de lutte pour la constitution/reconstitution du parti communiste, ce qui constitue une source d‘inspiration et un exemple positif pour tous les communistes.

B. RÉFORMISME: LA LIGNE BOURGEOISE DANS LE MOUVEMENT QUEER

L‘aristocratie ouvrière est la base économique du révisionnisme. C‘est la base sociale de la bourgeoisie impérialiste, qui introduit clandestinement l‘idéologie bourgeoise dans le mouvement prolétarien. Ce révisionnisme est capable de s‘enraciner dans la conscience syndicale du mouvement ouvrier lorsqu‘il n‘est pas dirigé par un parti communiste. Comme c‘est le cas pour le mouvement ouvrier, c‘est également le cas pour d‘autres mouvements de masse, tels que les mouvements féministes et homosexuels. Le réformisme et le révisionnisme sont des idéologies bourgeoises à l‘intérieur du prolétariat et des masses. La bourgeoisie queer trafique avec le mouvement queer et colporte le réformisme afin d‘obtenir des privilèges pour elle-même. Gardant à l‘esprit les thèses de Lénine sur la conscience syndicale et l‘aristocratie ouvrière, et la thèse du président Mao sur les amis et les ennemis de la révolution, nous citons le président Gonzalo:

Il faut se dresser sur ces miasmes, cette superficie révisionniste, opportuniste, électoraliste qui se hisse sur les masses. Le principal c’est, qu’au dessous, s’agite la masse colossale, avec son propre mouvement , sur laquelle nous opérons, nous, avec l’instrument de rébellion le plus puissant qui existe sur terre : l’action armée. Nous sommes le cri qui proclame : ,La rébellion se justifie !’ (Souligné par nous).27

Dans le mouvement queer, l‘aristocratie ouvrière s‘exprime principalement dans la couche supérieure de fonctionnaires et de secrétaires soudoyés, qui dirigent les organisations dites LGBT+. Celles-ci ne sont rien d‘autre que des ONG qui servent à la corporativisation des masses queer. Alors que les propriétaires des bars gays sont des petits-bourgeois, les barmans font souvent partie de l’aristocratie ouvrière. Toute cette couche pourrie a plus de temps, d‘argent et de relations sociales et peut donc occuper tous les postes de direction du mouvement queer. C‘est la base économique du réformisme dans le mouvement queer et, par conséquent, le mouvement actuel dit LGBT+ est de caractère bourgeois. En synthèse, c‘est la base de la politique d’identité, que certains partis et organisations qualifient à tort de „politique queer“, sans se rendre compte de son contenu de classe. La présence d‘officiers militaires et de policiers aux marches des fiertés n‘en est qu‘une expression matérielle, mais la plus dégoûtante et la plus insultante ; d‘autres exemples incluent la défense d‘éléments dégénérés tels que les pédophiles ou la promotion de la pornographie et de la prostitution „queer-friendly“.

En synthèse, la présence d‘une aristocratie ouvrière au sein de la section queer de la population, qui est soudoyée et se base sur la tendance à séparer les masses queer du mouvement ouvrier en raison de la menace du chômage, constitue la base sociale du réformisme bourgeois au sein du mouvement queer lui-même. Cela doit être combattu et le prolétariat doit diriger le mouvement homosexuel. S‘il n‘est pas combattu, les masses homosexuelles seront contraintes de collaborer avec la bourgeoisie monopoliste queer.

C. SÉPARATISME: LA LIGNE PETITE-BOURGEOISE DANS LE MOUVEMENT QUEER

La petite-bourgeoisie est une classe mourante, qui est réactionnaire à moins qu’elle saisisse sont propre manque d’avenir et rejoigne le mouvement révolutionnaire sur la base des ses intérêts de classe futurs en tant que prolétaires:

Les classes moyennes, petits fabricants, détaillants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu’elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l’envers la roue de l’histoire. Si elles sont révolutionnaires, c’est en considération de leur passage imminent au prolétariat : elles défendent alors leurs intérêts futurs et non leurs intérêts actuels; elles abandonnent leur propre point de vue pour se placer à celui du prolétariat. (Souligné par nous).28

Parce que la petite-bourgeoisie est composée d‘étudiants, d‘universitaires, de propriétaires de petites entreprises, de fonctionnaires d‘État, etc., elle occupe une position particulière en ce qui concerne l‘oppression patriarcale des homosexuels : Les éléments queer au sein de la petite-bourgeoisie sont d‘une part opprimés par les lois anti-sodomie, la violence lumpen-pogromiste, etc., mais d‘autre part, ils ne sont pas atteints par d‘autres formes d‘oppression, comme la menace d‘être licencié parce que la personne est queer, de devenir sans abri parce que la personne est queer, etc. Il s‘agit d‘une expression spécifique de la dualité de la petite-bourgeoisie, qui s‘exprime politiquement.

Les queers petits-bourgeois peuvent généralement être ouverts sur leur identité de genre et leur sexualité. C‘est précisément la raison pour laquelle les gays petits-bourgeois n‘adoptent pas l‘idéologie du prolétariat, mais trouvent des solutions idéologiques qui leur conviennent en tant qu‘individus. Ils jouent généralement un rôle clé dans la création d‘espaces culturels et de cercles politiques queer et sont la principale force motrice des organisations queer, car ils ont plus de temps et d‘argent. C‘est d‘autant plus vrai dans les pays où le mouvement queer est plus faible, car ces espaces doivent être clandestins ou semi-clandestins, ce qui les isole davantage des masses. C‘est précisément la raison pour laquelle des idées petites-bourgeoises sur la „libération queer“ sur une base individuelle sont exprimées dans le mouvement queer.

Qu‘elle prenne la forme d‘un „féminisme queer“, d‘un „féminisme radical“, d‘un „féminisme marxiste“, d‘un post-modernisme ouvertement déclaré ou de toute autre forme de „pensée queer“ académique, la ligne petite-bourgeoise du mouvement queer est centrée sur le séparatisme. Cela signifie séparer les homosexuels du mouvement prolétarien et de masse, séparer les homosexuels hommes et femmes les uns des autres, séparer les hommes et femmes les uns des autres en général, séparer tout le monde en fonction de mille identités sexuelles et de genre différentes, etc. etc. Le séparatisme est une idéologie petite-bourgeoise qui n‘a d‘autre effet que de diviser le mouvement queer, le mouvement de masse et le mouvement prolétarien, et il est donc réactionnaire. En particulier, la tendance „intersectionnelle“ au sein du féminisme queer a joué un rôle noir en étant responsable de la division du mouvement des femmes ces dernières années.

Toutes ces tendances petites-bourgeoises au sein du mouvement queer servent les intérêts de l‘impérialisme, car elles ne le menacent pas, peu importe le nombre de phrases radicales qu‘elles utilisent. Ils ne s‘intéressent qu‘à leurs espaces politico-culturels où ils peuvent se sentir à l‘aise, sans les hommes, sans la police, sans les non-queers, ou tout ce qu‘ils veulent spécifiquement. L‘émancipation des queers leur enlèverait leurs petits royaumes, alors ils en ont peur. Ils ont leur “révolutionnisme”, mais aussi leur individualisme. Ils correspondent à la description que Lénine a donnée de la bourgeoisie libérale de la Russie tsariste:

Et donc, le savant historien de la bourgeoisie ne craint pas un soulèvement du peuple. Il craint la victoire du peuple. Il ne craint pas que le peuple administre une légère leçon aux réactionnaires et à la bureaucratie, cette bureaucratie qu‘il déteste tant. Il a peur que le peuple renverse le gouvernement réactionnaire. Il déteste l‘autocratie et désire son renversement de tout son cœur ; ce n‘est pas de la conservation de l‘autocratie, ce n‘est pas de l‘empoisonnement de l‘organisme du peuple par la lente putréfaction du parasite encore vivant du régime monarchiste qu‘il attend la perte de la Russie, mais de la victoire complète du peuple.“29

D. LA LIGNE PROLÉTARIENNE DANS LE MOUVEMENT QUEER

En introduction, nous devons nous rappeler que même si Marx, Engels, Lénine, Staline, le Président Mao et le Président Gonzalo n’ont pas donné de réponse à la question queer, il y a d’autres communistes et révolutionnaires qui ont lutté pour régler ce problème et établir un leadership prolétarien du mouvement queer. Nous emphasize le Camarade Auguste Bebel, Président du Parti Social-Démocratique d’Allemagne, qui en 1898 fut le premier à s’opposer aux lois anti-sodomie prussiennes 30; le Camarade Harry Whyte du Parti Communiste de Grande Bretagne, dont la critique de la métaphysique sexuelle du Camarade Staline était une parfaite expression d’„aller à contre-courant“ et a tenté d’analyser la question queer sur la base du Marxisme31; le Groupe de Recherche de Los Angeles, un cercle de lesbiennes Marxistes-Léninistes citées plus haut, qui furent exclues du Parti Communiste Révolutionnaire, USA, car elles étaient queers, mais ont ensuite réalisé une critique de la métaphysique sexuelle d’Avakian32; et d’autres contributions plus proches d’aujourd’hui, incluant la déclaration du 1er Congrès du Parti Communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste (TKP/ML), qui établi que „Inclus dans la question d’oppression de genre, les LGBTI occupent une position importante dans la lutte“33; le 2e Congrès du Parti Communiste des Philippines (PCPh), qui a établie que le PCPh fend le droit des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transsexuels à exprimer leur identité de genre et soutenir leur lutte contre toutes les formes de discrimination“34; deux prises de position importantes écrites par des révolutionnaires queers prolétariens du Front Militant Stonewall aux États-Unis en janvier 201835; et une prise de position écrite par des révolutionnaires prolétariens au Danemark en juin 201936. Ainsi, l’ERS n’est pas toute seule à demander une position Marxiste sur la question queer, et nous ne sommes pas les premiers à le faire. Notre prise de position est le produit d’une longue période historique de lutte, qui a correspondu au développement général du Marxisme.

Cela sert le processus de lutte pour la reconstitution du PCS et pour la Guerre Populaire, qui est fondamentalement un processus de lutte pour identifier, reprendre et développer la Base d’Unité du Parti du PCS, incluant son idéologie, sa Ligne Politique Générale et son Programme, et en partie de la Ligne Politique Générale, sa Ligne de Masse, qui doit contenir des Lignes Spécifiques pour les fronts de masse. Le mouvement queer est un tel front de masse et ainsi une tranchée de combat, que le Parti doit mener sur la base d’une Ligne Spécifique.

La contradiction fondamentale de la question queer est la contradiction queers ↔ patriarcat.

Sous le capitalisme, cette contradiction est spécifiée principalement comme la contradiction masses queers ↔ impérialisme, et secondairement comme la contradiction masses queers ↔ famille nucléaire bourgeois-patriarcale.

La contradiction avec l’impérialisme est principale, car c’est la superstructure impérialiste qui maintient la répression des queers, et l’oppression par le patron, la famille, le propriétaire, etc. existe seulement à cause de l’État et l’idéologie la maintient.

Dans la phase actuelle de la Révolution Suisse, qui est la phase de lutte pour la reconstitution du PCS, la contradiction masses queers ↔ impérialisme suisse est spécifiée comme étant masses queers ↔ réaction suisse. Durant la Guerre Populaire, elle sera spécifiée en tant que masses queers ↔ vieil État, et durant les Révolutions Culturelles Prolétariennes, elle sera spécifiée en tant que masses queers ↔ révisionnisme.

La solution de la contradiction queers ↔ patriarcat requiert un long processus historique de révolution, et ne disparaîtra pas entièrement avant le Communisme. Sa solution finale requiert l’abolition de toutes les vieilles idées sur le genre et la sexualité, afin que seuls les problèmes biologiques tels que la transition ou l’élevage d’enfants restent, qui sont résolues par le développement des forces productives et l’expérimentation scientifique.

Nous soulevons le slogan de notre classe „Combattre et Résister!“, comme étant le slogan principal de la faction prolétarienne du mouvement queer, spécifié en accord avec la situation spécifique.

La rébellion des masses queers. Elles se sont toujours rebellées avec la violence révolutionnaire et ont ainsi conquis des demandes quotidiennes et des droits. Nous insistons que le 28 juin est la Journée Internationale de la Lutte Queer, car elle marque les Émeutes de Stonewall.

Organisation scientifique de la pauvreté. La paupérisation des masses queers est une tendance en cours, aggravée par les crises économiques impérialistes, la militarisation du vieil État et la corporativisation des masses. Les queers sont jetés à la rue, au chômage, forcés à mourir de faim et à se prostituer à un plus large degré que n’importe quelle autre section des masses; ces queers qui sont paupérisés doivent être mobilisés, peut importe si ils sont prolétaires, semi-prolétaires ou sont devenus lumpen, car le Front est plus large dans ce cas du à la nature du patriarcat; ceux qui sont lumpen et semi-lumpen doivent être aidés, non pas par du travail social rouge, mais plus par leur organisation et leur prolétarisation. Les camarades queers victimes de paupérisation doivent être traités de la même manière.

Demandes quotidiennes des masses queers. Nous soulevons le slogan des „Trois Pour“ and „Trois contre“. Les „Trois Pour“ sont:

  1. Pour une autodéfense queer rouge!
  2. Pour une aide socio-économique queer rouge!
  3. Pour une autodétermination queer rouge!

Les „Trois Contre“ sont:

  1. Contre l’oppression étatique des queers!
  2. Contre la paupérisation des queers!
  3. Contre l’oppression familiale des queers!

La seule tactique Pensée Gonzalo. 1) Combattre l’aristocratie ouvrière dans le mouvement queer, qui pacifie le mouvement et propage la politique d’identité. 2) Aller au sein des masses queers les plus larges et les plus profondes; non pas les membres d’ONG et les barmans, mais les ouvriers closeted et les jeunes et les paupérisés. 3) Éduquer les masses queers à la théorie militaire prolétarienne et aux actions violentes contre l’ennemi; de cette manière, les préparer à la Guerre Populaire. 4) Combattre la politique d’identité à chaque étape du chemin et imposer la conception Pensée Gonzalo de la question queer.

Formes d’Organisation. Les rangs du Parti Communiste, de l’Armée Populaire et du Front Uni-Nouvel État de chaque pays doit être ouvert aux queers, qui doivent être traités avec égalité et respect. Nous sommes pour l’adhésion queer au sein du Parti, de l’Armée et du Front-État, nous sommes pour la reconnaissance des camarades transgenres, et nous sommes pour le mariage des couples queers. Les Partis et Organisation doivent établir des organismes générés afin de diriger le mouvement d’émancipation queer; il doit y avoir le Mouvement Queer Rouge dans chaque pays impérialiste et le Mouvement Populaire Queer dans chaque pays opprimé.

Nous devons appliquer les trois critères généraux pour les organisations de masse: 1) Maintenir, défendre et appliquer, principalement appliquer le Marxisme-Léninisme-Maoïsme-pensée Gonzalo principalement pensée Gonzalo. 2) Dirigé par l’avant-garde en formation du prolétariat de ce pays. 3) Servir à la reconstitution du PCS et à la Guerre Populaire, en partie et en service à la Révolution Prolétarienne Mondiale.

En synthèse, nous avons posé les fondations de la Ligne Spécifique des masses queer, en partie de la lutte pour la reconstitution du PCS.

5. SYNTHÈSE

L‘histoire de l‘humanité est un mouvement constant du règne de la nécessité vers îe règne de la liberté. Le processus est sans fin. Dans une société où subsistent des classes, la lutte de classes ne saurait avoir de fin; et la lutte entre le nouveau et l‘ancien, entre le vrai et le faux dans la société sans classes se poursuivra indéfiniment. Dans les domaines de la lutte pour la production et de l‘expérimentation scientifique, l‘humanité ne cessera jamais de progresser et la nature de se développer, jamais elles ne s‘arrêteront à un certain niveau. Aussi l‘homme doit-il constamment faire le bilan de son expérience, découvrir, inventer, créer et progresser. Les points de vue inspirés par l‘immobilisme, le pessimisme, le sentiment d‘impuissance, l‘orgueil et la présomption sont erronés. Et cela parce qu‘ils ne correspondent pas à la réalité historique du développement de la société humaine depuis environ un million d‘années, ni à la réalité historique de la nature portée jusqu‘à présent à notre connaissance (par exemple la nature telle qu‘elle est reflétée par l‘histoire des corps célestes, de la Terre, de la vie et des autres sciences de la nature). (Souligné par nous).37

L’oppression patriarcale des queers trouve ses origines et s’est développée avec la propriété privée et l’État, sur la base de l’exploitation et de l’oppression des femmes. Dans la société sauvage, il n’y avait pas de contradiction entre queers et non-queers; dans la société barbare la contradiction n’était pas encore antagonique; ce n’est qu’avec la société civilisée que la contradiction est devenue antagonique.

Les queers sont doublement opprimés dans la société capitaliste: en tant que prolétaires et en tant que queers. La base économique de leur oppression en tant que queers trouve son origine dans la famille nucléaire bourgeois-patriarcale et la double exploitation patriarcale des femmes; la question queer est donc secondaire à et délimité de la question féminine.

L’oppression patriarcale des queers est qualitativement différente de l’exploitation et l’oppression des femmes et de l’aspect de l’oppression patriarcale à laquelle font face les hommes qui divergent quantitativement des normes patriarcales.

L’impérialisme a aiguisé la double oppression des queers et a mené à un génocide impérialiste mondial généralisé des queers, qui fait partie de l’annihilation générale du prolétariat et des peuples opprimés. Dans le Tiers Monde, cela prend une forme capitaliste-bureaucratique et est fusionnée avec la brutalité du féodalisme et de l’esclavagisme, et ainsi, le génocide est plus fort dans les nations opprimées.

L’idéologie queer-antagonique prend les formes de religions, principalement le Christianisme et la métaphysique sexuelle déguisée en tant que science. L’oppression des queers est appliquée à la fois par l’État et, quand des droits ont été conquis, par des gangs lumpen-pogromistes. Les queers sont de plus en plus paupérisés et en confrontation aiguë avec les vieux États, ce qui mène à leur super-politisation, mais aussi à leur isolation du mouvement prolétarien.

Il est nécessaire pour les Partis Communistes et les Organisations de saisir la ligne prolétarienne dans le mouvement queer et de lutter pour mener les masses queers les plus larges et les plus profondes dans leur lutte pour les demandes quotidiennes et principalement pour la conquête du Pouvoir, par leur mobilisation, leur politisation, leur organisation et leur armement durant la Guerre Populaire. Ne pas avoir de direction prolétarienne pour le mouvement queer mène ces masses, certaines faisant partie du prolétariat, dans les bras des éléments réactionnaires bourgeois et petit-bourgeois, qui ne contribuent au final à rien d’autre qu’au génocide des queers et au renforcement de la contre-révolution.

La solution finale de la question queer ne sera achevée seulement avec l’abolition du patriarcat, de la propriété privée et de l’État avec les révolutions de nouvelle démocratie, avec les révolutions socialistes et avec les révolutions culturelles prolétariennes successives. La solution de la question queer dans le Communisme est la solution de la contradiction entre homme et femme, et en résultante, entre les queers et les non-queers.

MAINTENONS, DÉFENDONS ET APPLIQUONS, PRINCIPALEMENT APPLIQUONS LE MARXISME-LÉNINISME-MAOÏSME-PENSÉE GONZALO, PRINCIPALEMENT PENSÉE GONZALO!

IDENTIFIONS, REPRENONS ET DÉVELOPPONS LA LIGNE DE MASSE DU PARTI COMMUNISTE DE SUISSE!

POUR UNE LIGNE DE CLASSE DANS LE MOUVEMENT QUEER!

VIVE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LUTTE QUEER! VIVE LE 28 JUIN!

Suisse, 28.12.2020
Étoile Rouge – Suisse

APPENDICE
SUR LA QUESTION TRANSGENRE

1. La question transgenre est partie intégrante de la question queer, car les personnes transgenres divergent qualitativement de l’unité de la famille nucléaire bourgeoise-patriarcale. Mais la question transgenre a aussi ses contradictions spécifiques.

2. La contradiction spécifique fondamentale de la question transgenre est la contradiction entre l’identité de genre d’une personne transgenre (qui est généralement déterminée par la carte corporelle, ou Homoncule, localisée dans le cerveau) et le corps physique de cette personne (qui est généralement déterminée par le développement fœtal, basé sur les chromosomes). Cette contradiction est biologique et non sociale, et est résolue par une transition médicale au sexe désiré. Cette contradiction est exprimée par la dysphorie de genre.

3. La contradiction principale spécifique de la question transgenre est la contradiction entre le corps physique d’une personne transgenre et l’oppression patriarcale des queers. Cette contradiction est sociale et non biologique, et est résolue par l’abolition des institutions patriarcales du genre et de la sexualité dans le Communisme. Cette contradiction s’exprime en tant que, d’un côté, dysphorie de genre sociale interne, et, de l’autre côté, une oppression patriarcale extérieure.

4. Certaines personnes transgenre n’ont pas un corps vraiment masculin ou féminin. Ce sont les personnes non-binaires, et ces personnes doivent elles-aussi faire face aux contradictions citées ci-dessus, qui sont résolue par les mêmes méthodes.

5. La contradiction biologique entre mâle et femelle est seulement la base de la contradiction sociale entre les hommes et les femmes, de laquelle la contradiction entre les queer et les non-queers est dérivée. Le Communisme abolira les contradictions entre les hommes et les femmes et les queers et les non-queers. La contradiction entre mâle et femelle ne peut être que résolue par les forces productives et l’expérimentation scientifique, pas par des changements au sein de la société.

6. Les personnes transgenre deviennent matériellement leur sexe désiré quand ils transitionnent, car la thérapie de remplacement hormonal, la réorientation sexuelle, l’entraînement de la voix, etc., altèrent tous aussi bien les caractéristiques sexuelles primaires et secondaires. Ainsi, la conscience n’affecte pas la matière. C’est la métaphysique sexuelle qui insiste que l’on ne peut pas changer de sexe.

7. Les Partis Communistes et Organisations doivent ouvrir leurs rangs aux personnes transgenres et autres queers, accepter et respecter leur identité et les assister avec leur transition. Les femmes transgenre, comme toutes les femmes queer, doivent pouvoir participer au et diriger le mouvement queer, le mouvement féminin et les mouvements prolétariens et de masse en général.

8. Le prolétariat doit soulever les demandes quotidiennes spécifiques des personnes trans, telle que le droit et l’accès à la transition médicale, en tant que partie des demandes quotidiennes des queers et des masses en général.

9. Le trans-antagonisme est une forme particulièrement aiguë de queer-antagonisme, qui soulève l’idée du „queer dégénéré“ à un niveau qualitativement supérieur. Cela fait partie de l’idéologie bourgeois-patriarcale et de l’oppression idéologique des queers, servant l’oppression idéologique des femmes. Le trans-antagonisme contre les femmes transgenre en particulier est combiné avec l’oppression idéologique des femmes à un degré élevé et doit être combattue au sein du mouvement féminin.

Le Queer-antagonisme en général et le trans-antagonisme en particulier doivent être combattus par la lutte de ligne et doivent être écrasés, dans le cadre de la lutte contre le préjudice individualiste bourgeois-patriarcal en général.

INCARNONS LA CONCEPTION PROLÉTARIENNE DE LA QUESTION QUEER!

Suisse, 28.12.2020
Étoile Rouge – Suisse

1Karl Marx: Postface de la 2e Édition Allemande du „Capital“, 24.01.1873.
Collected Works, Vol. 23.

2Friedrich Engels: „L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État“, 1884.
Œuvres complètes, Vol. 21.

3V. I. Lénine: „L’État et la Révolution“, août 1917.
Œuvres complètes, Vol. 25.

4J. V. Staline: „Le Combat Contre les Déviations de Droite et d’‚Ultra-Gauche‘“, 22.01.1926.
Oeuvres, Vol. 8.

5Président Mao Tsé-toung: „Intervention à la Conférence nationale du Parti Communiste de Chine sur le travail de propagande“, 12.03.1957.
Œuvres choisies, Vol. 5.

6Comité Central du Parti Communiste du Pérou: „Sur le Marxisme-Léninisme-Maoïsme“, 1988.

7Groupe de Recherche de Los Angeles: „Vers une analyse scientifique de la question gay“, 1974.

8Aristote: „De la Constitution Lacédémonienne“, ca. 340 BCE.

9V. I. Lénine: „De l’État“, 11.07.1919.
Œuvres complètes, Vol. 29.

10Don Pedro Fages, 1775. Cité dans „Une description Historique, Politique et Naturelle de la Californie“.

11Friedrich Engels: „L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’État“, 1884.
Œuvres choisies, Vol. 21.

12V. I. Lénine: „De l’État“, 11.07.1919.
Œuvres Complètes, Vol. 29.

13Voir: Comité Central du Parti Communiste du Pérou: „Le Marxisme, Mariategui et le mouvement des femmes“. 2e Édition, Avril 1975.

14Ovide: „Les Métamorphoses“, 8 Ap.-Jc.

15V. I. Lénine: „De l’État“, 11.07.1919.
Œuvres complètes, Vol. 29.

16Karl Marx et Friedrich Engels: „Manifeste du Parti Communiste“, 1848.
Œuvres Complètes, Vol. 4.

17V. I. Lénine: „De l’État“, 11.07.1919.
Œuvres complètes, Vol. 29.

18Ibid.

19Les exemples données de métaphysique sexuelle sont généralement pris des écrits du révisionniste Bob Avakian et du Parti Communiste Révolutionnaire, USA, quand lui et son Parti étaient d’authentiques Marxistes-Léninistes durant les années 70 et 80. La métaphysique sexuelle d’Avakian a été critiqué en profondeur par un cercle de lesbiennes Marxistes-Léninistes de Los Angeles dans le document: „Vers une Analyse Scientifique de la Question Gay“, 1974. Ce document est bon et devrait être étudié. Beaucoup de Partis Communistes et d’Organisations aujourd’hui partagent les vues d’Avakian sur les queers,ce qui est pourquoi nous prenons cet exemple. Mais, comme comme nous le précisons également, la métaphysique sexuelle est un critérion dogmato-révisionniste, étranger à la méthode du Marxisme.

20V. I. Lénine: „L’impérialisme, stade suprême du capitalisme“, 1916.
Œuvres complètes, Vol. 22.

21V. I. Lénine: „L’impérialisme et la scission du socialisme“, décembre 1916.
Œuvres complètes, Vol. 23.

22V. I. Lénine: Préface à la première édition de „L’État et la Révolution“, août 1917.
Œuvres complètes Works, Vol. 25.

23Mao Tsé-toung: „Mao Tsé-toung au sujet des trois monde“, 22.02.1974. Mao Tsé-toung sur la Diplomatie.

24Mao Tsé-toung: „Rapport sur l’enquête menée dans le Hounan à propos du mouvement paysan“, mars 1927. Œuvres choisies, Vol. 1.

25Lire: communiste.

26V. I. Lénine: „Que faire? Les questions brûlantes de notre mouvement“, 1902.
Œuvres complètes, Vol. 5.

27Président Gonzalo.
Cité dans le Comité Central du Parti Communiste du Pérou: „La ligne de masses“, 1988.
Ligne Politique Générale, Base d’Unité du Parti.

28Karl Marx et Friedrich Engels: „Manifeste du Parti Communiste“, 1848.
Œuvres complètes, Vol. 4.

29V. I. Lénine: „Ce que nos bourgeois libéraux veulent et ce qu‘ils craignent“, 01.09.1905.
Œuvres complètes, Vol. 9.

30Voir August Bebel: „Sur l’Homosexualité et le Code Pénal“, 13.01.1898.

31Voir Harry Whyte: Lettre au Camarade J. V. Staline à Moscou, Mai 1934.

32Voir Groupe de Recherche de Los Angeles: „Vers une analyse scientifique de la question gay“, 1974.

33Bureau Politique du Comité Central du Parti Communiste de Turquie/Marxiste-Léniniste: „Sur la voie du 1er Congrès, s‘armer de révolutionnarisme prolétarien, défier le liquidationnisme, déclencher la guérilla!“, Mai 2019.

34Comité Central du Parti Communiste des Phillipines: „Programme pour une Révolution Populaire Démocratique“, Juin 2018.
Constitution et Programme.

35Voir Front Militant Stonewall: „2018: Une nouvelle année, un nouveau nous“, 01.01.2018.
et Front Militant Stonewall: „Omissions et corrections suite à l’annonce du Front Militant Stonewall“, 13.01.2018.

36Voir Vague Rouge — Danemark: „Pour une Ligne de Classe du Mouvement Queer!“ 28.06.2019. Le document en question était précédemment disponible en ligne, mais a été supprimé.

37Président Mao Tsé-toung.

Cité dans le „Rapport sur les travaux du gouvernement présenté par le premier ministre Chou En-laï à la première session de la IIIème Assemblée populaire nationale» (21-22 décembre 1964)“, 21-22.12.1964.